vers le site Reims-web

 Annuaire Achats Reims
  Accès Tchat Reims

reims-web
Le Forum de Reims-web
 
FAQ  FAQ    Rechercher  Rechercher     Liste des Membres  Liste des Membres
Groupes d'utilisateurs  Groupes d'utilisateurs   S'enregistrer  S'enregistrer
 
Profil  Profil Connexion  Connexion       Rechercher  Ancien Forum
Se connecter pour vérifier ses messages privés  Se connecter pour vérifier ses messages privés
Rechercher   consulter les PA                       Rechercher   Vers le Forum Philo   
  Accès au Tchat Reims   Le Trombinoscope des habitués

Exercices sur la Volonté de Puissance chez Nietzsche

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    reims-web Index du Forum -> Le Forum de Philo
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Lun Aoû, 2008 5:51 pm    Sujet du message: Exercices sur la Volonté de Puissance chez Nietzsche Répondre en citant

Qu’est-ce qui peut seul être notre doctrine ? — Que personne ne donne à l’homme ses qualités, ni Dieu, ni la société, ni ses parents et ses ancêtres, ni lui-même (— le non-sens de l’ « idée », réfuté en dernier lieu, a été enseigné, sous le nom de « liberté intelligible », par Kant et peut-être déjà par Platon). Personne n’est responsable du fait que l’homme existe, qu’il est conformé de telle ou telle façon, qu’il se trouve dans telles conditions, dans tel milieu. La fatalité de son être n’est pas à séparer de la fatalité de tout ce qui fut et de tout ce qui sera. L’homme n’est pas la conséquence d’une intention propre, d’une volonté, d’un but ; avec lui on ne fait pas d’essai pour atteindre un « idéal d’humanité », un « idéal de bonheur », ou bien un « idéal de moralité », — il est absurde de vouloir faire dévier son être vers un but quelconque. Nous avons inventé l’idée de « but » : dans la réalité le « but » manque... On est nécessaire, on est un morceau de destinée, on fait partie du tout, on est dans le tout, — il n’y a rien qui pourrait juger, mesurer, comparer, condamner notre existence, car ce serait là juger, mesurer, comparer et condamner le tout... Mais il n’y a rien en dehors du tout ! — Personne ne peut plus être rendu responsable, les catégories de l’être ne peuvent plus être ramenées à une cause première, le monde n’est plus une unité, ni comme monde sensible, ni comme « esprit » : cela seul est la grande délivrance, — par là l’innocence du devenir est rétablie... L’idée de « Dieu » fut jusqu’à présent la plus grande objection contre l’existence... Nous nions Dieu, nous nions la responsabilité en Dieu : par là seulement nous sauvons le monde. —

Le Crépuscule des Idoles- "les Quatre grandes erreurs Nietzsche
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Lun Aoû, 2008 7:55 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ce texte est très Ornisien n'est il pas ?

Nietzsche est il un fataliste? La Volonté de Puissance est-elle un laisser faire , laisser etre ce qui est ?

Que dit-il en gros dans ce texte

1) Ni Dieu , ni la société ni soi-même, personne ne donne à l'homme ses qualités, il les reçoit dans son etre comme déjà-jeté-au-monde
2)Cette fatalité il la reçoit de la fatalité même du Tout en devenir
3)L'homme n'est pas le résultat d'une intention, il n'y a pas un but idéal pour lui à atteindre Tout but est une invention Il fait partie de la destinée du tout
4) L'homme est nécessaire comme partie du tout il est donc sans responsabilité car le juger serait alors aussi juger le tout
5)Il n'y a pas de cause première dont il serait la conséquence et il n'y a pas de cause finale, l'homme est pur devenir et par là retrouve son innocence
6) Sans arrière monde sans l'idée de Dieu et dans cette négation, l'homme sauve le monde
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Lun Aoû, 2008 8:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ce qui est évidemment interpellant dans le texte c'est le fatalisme de la conception du monde exprimée apparemment par Nietzsche là où nous avons en mémoire une philosophie volontariste qui promeut la valeur du Surhomme le plus volontaire de tous

Alors où est le binzzzzze ?!

L'influence de l'hindouisme et le cycle des renaissances est évidente dans ce texte La fatalité du destin et le cycle du karma aurait une manière bien difficile d'être mieux exprimé non?

ET POURTANT !!!

Ce texte cache pour moi l'expression d'un Volontarisme de Puissance le plus exacerbé !!
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Lun Aoû, 2008 8:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Déjà le commencement fait sourire ?!
Citation:
Qu’est-ce qui peut seul être notre doctrine ?


Quand on sait toute la force que donne Nietzsche à la notion de création comme expression dans la nouveauté de la manifestation de la Volonté de Puissance la plus en propre , on est en droit de se demander en quelle mesure même une doctrine Nietzschéenne est possible y compris pour lui

Je prends cette entrée en matière comme de l'humour d'autant plus que le mot seule doctrine vient renforcer le système , tout ce contre quoi Nietzsche se battait Alors ceci doit il nous mettre la puce à l'oreille?

Citation:
Que personne ne donne à l’homme ses qualités, ni Dieu, ni la société, ni ses parents et ses ancêtres, ni lui-même (— le non-sens de l’ « idée », réfuté en dernier lieu, a été enseigné, sous le nom de « liberté intelligible », par Kant et peut-être déjà par Platon)


Nietzsche réfute à la fois que l'homme soit une création de Dieu ou ne soit le fruit d'une culture ( société, parenté) ou d'une nature (hérédité des ancêtres) Il réfute tout autant l'idée qu'il recoive ses qualités d'une liberté propre !
Curieux homme n'est ce pas qui serait sans culture, sans parenté et sans libtre arbitre Assurément cet homme dont il est fait mention ne peut déjà être qu'un Surhomme, qu'un homme déjà accompli
Un homme de qualités est un Surhomme , un homme accompli c'est à dire débarrassé des idées reçues de la société et de ses parents , débarrassé de l'idée de Dieu et débarassé des idées concernant son libre arbitre
Comment diable peut il bien construire en lui des "qualités" alors?
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Lun Aoû, 2008 8:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Personne n’est responsable du fait que l’homme existe, qu’il est conformé de telle ou telle façon, qu’il se trouve dans telles conditions, dans tel milieu. La fatalité de son être n’est pas à séparer de la fatalité de tout ce qui fut et de tout ce qui sera.


Ici on s'apperçoit d'un glissement sémantique sur le mot homme
Nietzsche commence à parler des qualités reçues apparemment de nulle part mais il poursuit ici en parlant de l'homme en tant qu'il existe
Personne n'est responsable des accidents de son existence propre , Heidegger dirait l'homme est déjà jeté dans le monde IL ne parle pas ici du Surhomme mais de la condition de l'existence même de l'homme L'homme nait dans un monde par hasard Pourtant Nietzsche donne un indice d'une qualité propre à l'existence Il dit la fatalité de son être pour faire court c'est d'être ce qui fut et ce qui sera à savoir ce qui revient Il est d'une manière aussi implacable que tout ce qui est à savoir condamné à être !!
Et dans cette condamnation il y a une lumière à savoir un indice de mouvement pour son existence à savoir qu'il a à se conformer à etre ce qui fut et qui sera Le Surhomme est déjà celui qui prend le chemin d'un mouvement de devenir IL doit devenir ce qu'il est c'est à dire non une idée mais un pur existant dans l'etre qui est devenir
Ce qui curieusement lui donnerait une tâche ?!

Citation:
L’homme n’est pas la conséquence d’une intention propre, d’une volonté, d’un but ; avec lui on ne fait pas d’essai pour atteindre un « idéal d’humanité », un « idéal de bonheur », ou bien un « idéal de moralité », — il est absurde de vouloir faire dévier son être vers un but quelconque. Nous avons inventé l’idée de « but » : dans la réalité le « but » manque...


S'il avait une tâche à faire, ce serait de se débarrasser de tout ce qui le détourne de son être sous la forme fallacieuse d'un idéal, d'un autre de lui même à réaliser et dicté par la "société"
Il faut faire attention à la forme passive dans laquelle l'homme est mis en jeu dans la volonté Il n'est pas la CONSEQUENCE d'une volonté ou d'une intention , ceci n'indique en rien ce que serait en LUI la volonté
L'idée est celle d'une nouvelle ironie paradoxale L'homme qui est bien plongé dans les buts moraux et les idéaux doit en fait s'en dégager
Il s'agit donc bien ici du Surhomme à nouveau décrit Il n'est pas la conséquence d'une intention extérieure et imposée à lui, il doit avoir pour tâche de se libérer de tout celà pour rejoindre son être et semblerait dire Nietzsche ( et il le dit par ailleurs) son être pourrait JUSTEMENT résider dans l'art de ce détachement de ce donné culturel là qui l'amoindrit et le fait rentrer dans le monde des faibles, des surdéterminés
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Lun Aoû, 2008 9:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
On est nécessaire, on est un morceau de destinée, on fait partie du tout, on est dans le tout, — il n’y a rien qui pourrait juger, mesurer, comparer, condamner notre existence, car ce serait là juger, mesurer, comparer et condamner le tout... Mais il n’y a rien en dehors du tout !


IL n'y a rien en dehors du tout ! Voilà l'affirmation clé de ce texte IL y a le monde dans lequel nous sommes jeté et ceci nous libère de tout espoir d'un ailleurs Nous avons donc , ce monde, à le vivre en plénitude
Il y a donc bien une injonction morale dans ce texte qui vise un pur laisser être Il y a un aphorisme sous-jacent qui dirait : "Devient ton devenir"

Je crois qu'on pourrait résumer ce texte comme celà , Devient ton devenir
L'etre est devenir , il est ce qui fut et qui sera En tant que partie de ce tout rien ne pourrait nous condamner de lui appartenir en tant qu' "animalité" lié à notre présence physique au monde Cette animalité nous la recevons de notre nature même du tout Nous juger serait juger l'ordre même de la Nature Du FAIT que nous sommes, nous sommes nécessaire TANT que nous sommes dans le monde et il n'y a rien d'autre que ce monde
Dès lors si nous répondons à l'appel de notre nature qui pourrait nous condamner sinon qu'il condamnerait le monde Naturel lui même
Mais dit Nietzsche nous sommes un morceau de destinée , notre être sensible est historique, il est dans le temps Ce qui pourrait nous juger c'est de vouloir s'extraire de notre destinée en nous rigidifiant dans une position donnée inamovible qui serait l'immobilité , la non croissance, le non-devenir

Citation:
Personne ne peut plus être rendu responsable, les catégories de l’être ne peuvent plus être ramenées à une cause première, le monde n’est plus une unité, ni comme monde sensible, ni comme « esprit » : cela seul est la grande délivrance, — par là l’innocence du devenir est rétablie...


Hors d'une cause première extérieure à lui qui déterminerait une fois pour toute le mode d'être du monde en une unité prédéterminée et figée L'homme ne doit plus se conformer à ce monde prédéterminé extérieur et idéal par rapport à son être L'homme retrouve donc la possiblité de son devenir........ pour autant qu'il s'en libère bien sûr L'homme serait responsable de s'attacher aux surdéterminations culturelles de son monde
Il y a bien une exigence d'un dépassement qui est exigée , celle de (re) trouver son être au monde à savoir , être-en-devenir et non figé et de là vient une délivrance et comme il dirait par-ailleurs .... un gai savoir
Il décrit donc ici l'idéal percu du Surhomme et donc en dehors de toute cause extérieure la non conformisation au (dictat icon_wink.gif ) de la libération du Surhomme en soi serait une faute pour l'homme ?!


Dernière édition par Lai le Lun Aoû, 2008 9:33 pm, édité 4 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Lun Aoû, 2008 9:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
L’idée de « Dieu » fut jusqu’à présent la plus grande objection contre l’existence... Nous nions Dieu, nous nions la responsabilité en Dieu : par là seulement nous sauvons le monde.


En niant un autre monde que le monde dans lequel l'homme est déjà jeté , l'homme devient surhomme Que cet autre monde soit une croyance en Dieu, en un culte quelconque ou un attachement à un donné culturel reçu

Quand le monde apparait tel qu'il est , c'est à dire qu'il n'y en a aucun autre et qu'éternellement tu y renaitra Alors se fait jour l'instrument de la libération qui est d'accepter de s'incarner , d'adopter son être qui est être animal dans le monde , et qui doit s'exprimer dans son moteur la Volonté de Puissance

Cette Volonté de Puissance est donc bien un exercice de dégagement des illusions en soi pour aller oser se libérer de la peur à être , neuf , non conforme , créateur de soi
Cette Volonté de Puissance (devenir) nous avons à la retrouver d'une manière négative dans un nihilisme puissant, celui de se dégager du déjà vu Oser aimer, oser crier, oser vivre

Donc devenir fatal exige une dose d'adhésion à soi qui est ce que j'appelle la liberté ou la volonté et qui est manifestation de la Volonté de PUissance qui dort en nous

Notre acte volontaire de libération de nos conditionnements consiste à laisser émerger la Volonté en Acte de l'Etre du Tout

Donc notre liberté repose dans le fond de la liberté du cosmos et que j'appelle l'etre L'Etre crie en nous à devenir, c'est à dire à retrouver par-là la Joie , se conformer à cet appel , c'est entendre l'appel ,fonction passive qui trouve son origine dans la Volonté de PUissance

Donc si tu veux Orni , in fine mon "volontarisme" rejoint ton "fatalisme" in fine c'est la même chose Toute volotné puise dans la Volonté qui est devenir , jamais le même

Se laisser aller à son etre en soi est ce que j'appelle liberté issue de l'Etre dans sa structure même Libre ( notre volonté libré est à l'image de l'Etre duquel elle participe , libre- nous sommes libre à l'image du tout )

Nos chemins se croisent à l'infini, point de rencontre en réalité bien réel dans le monde imaginaire hihi Curieux non ?!

L'impératif Nietzschéen répondrait à son aphorisme
"Ce qu'il faut de chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse"
Agit de telle manière que tu ne te répètes pas ni répète les autres , donnes toi les conditions pour être créateur en permanence , libères toi de la peur et même tout celà oublies le icon_wink.gif
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
orni



Inscrit le: 14 Avr 2006
Messages: 788

MessagePosté le: Mar Aoû, 2008 10:17 am    Sujet du message: Nietzsche Répondre en citant

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Nietzsche n'est pas fait d'un seul bloc.
Il y a du moraliste, du dandy, du philosophe éclairé, du révolutionnaire etc chez lui.
Je vais te dire, pour ce qui me concerne : je rejette tout système de pensée, toute théorie de l'homme, de l'existence, de la vie.
Tout ce qui s'apparenterait à une intelligence du tout tombe ipso facto dans la corbeille.

Je suis le seul à pouvoir le faire, et ce sera pour mon usage personnel. Je ne chercherai pas à convaincre, à persuader qui que ce soit de la Vérité de ma vision. Ici, on argumente, on interroge, on propose, on confronte, on répond, sans idée préconçue.

Adonc, ce qui me plaît chez un philosophe, c'est la révélation du "réel". MON réel, bien sûr.

Mais le réel, il apparaît en miettes. Et les saillies, les "coups de marteau" sur ces morceaux sont interessants.
Ce que ceci n'est pas. Le travers de cela. Ce qu'il se passe etc
Mais les concepts généraux :
"volonté de puissance " ni "fatalisme" ni "Surhomme" (même si c'est nietzscheen) ni "homme" et surtout "devenir", tels que tu les présentes, me posent problème.

Volonté de puissance : tu réintroduis un "acteur qui veut" :
" Alors se fait jour l'instrument de la libération qui est d'accepter de s'incarner , d'adopter son être qui est être animal dans le monde , et qui doit s'exprimer dans son moteur la Volonté de Puissance "
Qui accepte, adopte ?

"Fatalisme " : mon "volontarisme" rejoint ton "fatalisme "

perdre ses illusions n'est pas devenir fataliste. Le fataliste est soumis aux causes, au destin, à une vision. Causes et destin et vision sont des illusions. Et l'illlusion est une illusion. etc

" Surhomme ": il s'agit bien d'une libération, pas d'un surcroît de puissance d'agir ou de créer selon moi.

" Devenir " " Volonté en acte" : très existentialiste.
" il n’y a rien qui pourrait juger, mesurer, comparer, condamner notre existence, car ce serait là juger, mesurer, comparer et condamner le tout... " Pire, Lai, il n'y a personne pour juger, comparer etc A partir de quoi ? Et ce quoi ? Qu'est-ce qui le fonde ?

Il me semble que Nietzsche accorde beaucoup d'importance au fait de se libérer de certaines erreurs, illusions. Ce faisant, il argumente pour détruire ces illusions, renverser les idoles. Je crois qu'il ne faut pas faire de ces arguments divers une théorie finie, complète, de l'homme, du surhomme. Ce sont, je les prends ainsi, des armes pour le combat, pas des pierres de construction.

La force de création, n'est-elle pas plutôt un témoignage, une preuve plutôt qu'un aboutissement ?

Ne réintroduis-tu pas sans cesse une espèce de destin, de nécessité, de force à l'oeuvre ? :

" Nous avons donc , ce monde, à le vivre en plénitude
Il y a donc bien une injonction morale dans ce texte qui vise un pur laisser être Il y a un aphorisme sous-jacent qui dirait : "Devient ton devenir"
Je crois qu'on pourrait résumer ce texte comme celà , Devient ton devenir . " Injonction morale ? icon_eek.gif Vise ? icon_eek.gif Anonyme ? Mais alors pourquoi morale ?

Même ça, pour moi, c'est un a priori, une image.

" La vie, si je peux utiliser ce mot, la façon dont elle fonctionne est un mouvement dont nous n'avons pas la possibilité de découvrir ce qu'il est. Toute tentative de notre part de le capturer dans le cadre de la connaissance est vouée à l'échec." (U.G. Coloquintessence .- Les Deux Océans)

La question qui se pose est celle-ci : Y a -til quelqu'un, une entité, un individu libre ? Il me semblait que N répond non. Ce qui ne signifie pas qu'il ne puisse pas y avoir liberté.
Il n'y a personne pour décider de respirer, d'exprimer de la vitalité.
Ca ça fait partie du tout.
Il n'y a personne pour décider de penser. Tout est pensée autour de nous à un certain niveau. Penser, ça fait partie du tout.
Mais c'est pas tout.
_________________
Dieu, on l'aime pas. On le craint. Il n'y a que les mystiques pour imaginer une union amoureuse avec Dieu.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur Adresse AIM
orni



Inscrit le: 14 Avr 2006
Messages: 788

MessagePosté le: Mar Aoû, 2008 10:22 am    Sujet du message: Nietzsche Répondre en citant

La joie qui prend une forme, qui a une cause, sans doute vient d'une joie sans forme et sans cause.
_________________
Dieu, on l'aime pas. On le craint. Il n'y a que les mystiques pour imaginer une union amoureuse avec Dieu.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur Adresse AIM
orni



Inscrit le: 14 Avr 2006
Messages: 788

MessagePosté le: Mar Aoû, 2008 10:46 am    Sujet du message: Nietzsche Répondre en citant

Le savoir est un cauchemar dont nous cherchons à nous éveiller, hélas, avec toujours plus de savoir.
_________________
Dieu, on l'aime pas. On le craint. Il n'y a que les mystiques pour imaginer une union amoureuse avec Dieu.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur Adresse AIM
orni



Inscrit le: 14 Avr 2006
Messages: 788

MessagePosté le: Mar Aoû, 2008 11:17 am    Sujet du message: Nietzsche Répondre en citant

Retirons-nous de tout sentiment collectif, retirons notre adhésion à tous les jugements de valeur du monde, n'adhérons à rien tant que nous n'avons pas librement et soigneusement examiné les choses .

Nous avons repris à notre compte les valeurs, l'importance que le monde accorde aux choses et nous entretenons ce patrimoine, cet héritage sans savoir pourquoi, sans le vouloir vraiment.

Prenez chacune des choses qui ont quelque valeur, quelque importance dans votre existence (personnes, objets, activités, raisons, idées, convictions, sentiments) et demandez-vous si cet amour (ou antipathie) vient bien de vous, est libre et éclairé ou si ce n'est pas une habitude, un conformisme voire un devoir. Mais même un devoir devrait être justifié, fondé.
_________________
Dieu, on l'aime pas. On le craint. Il n'y a que les mystiques pour imaginer une union amoureuse avec Dieu.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur Adresse AIM
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Mar Aoû, 2008 7:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Nous nous rejoignons sur beaucoup de points Orni

Citation:
Je vais te dire, pour ce qui me concerne : je rejette tout système de pensée, toute théorie de l'homme, de l'existence, de la vie.
Tout ce qui s'apparenterait à une intelligence du tout tombe ipso facto dans la corbeille.


Tu dois savoir qu'il s'agit aussi du premier souci de Nietzsche lui-même
Il n'a eu de cesse de lutter contre l'esprit de système Hégélien et son totalitarisme étouffant!!
Il a d'ailleurs volontairement écrit en aphorisme pour éviter une lecture linéaire et systématique de son oeuvre
Pour lui d'ailleurs, il l'a bien dit la Volonté de Puissance est tout sauf un contenu ou un en soi, il s'agit d'une dynamique, ce qu'il a appelé un devenir là aussi concu plus comme une force ou un principe plus que comme un "en soi" et je suis sûr que le premier qui voudrait détruire toute l'oeuvre de N. c'est N. lui-même La création c'est faire du neuf , du tout autre , du jamais fini
Maintenant qu'il l'ait pensé nous permet à nous d'entrapercevoir ce qui voulait se montrer essentiellement comme non-pensée comme silence sur le monde.......... la Volonté de Puissance, ou la Force Créatrice, ou l'Etre ou.... le Rien en marche

Citation:
Tout ce qui s'apparenterait à une intelligence du tout tombe ipso facto dans la corbeille.
Bingo icon_wink.gif icon_wink.gif icon_wink.gif

Citation:
Volonté de puissance : tu réintroduis un "acteur qui veut" :
" Alors se fait jour l'instrument de la libération qui est d'accepter de s'incarner , d'adopter son être qui est être animal dans le monde , et qui doit s'exprimer dans son moteur la Volonté de Puissance "
Qui accepte, adopte ?


Une remise en perspective historique s'impose ici ?! Nietzsche est homme du 19°S c'est à dire l'homme d'un siècle puritain ou l'idéalisme est la pensée moderne et le moralisme , une hypocrisie généralisée
Le corps est dénié au service de l'Esprit ! Un retour à la pensée du corps comme source des éléments de la culture et de la civilisation a fait effet d'une bombe révolutionnaire
La pensée , la religion, la morale, etc... tout celà sont des émanations issues d'instincts corporels Freud s'est inspiré de N. considérablement pour ses propres découvertes qui iront exactement dans le même sens
La Volonté de Puissance pourrait se comparer au concept de la libido chez Freud qui deviendra par la suite Ethos avec son ombre non pas thanathos mais naikos, la discorde
Pour N. la destruction est au coeur même de la possibilité de toute Volonté de Puissance , son aliment le plus en propre , son essence IL est très hindouiste N.

Donc je ne pense pas que la question de la Volonté de Puissance passe par celle du Sujet

A la fin de ma précédente intervention je t'ai dit que nous nous rejoignons au croisement des infinis car toute volonté individuelle puise dans l'impersonnel de la Volonté de Puissance qui ici serait plutôt concu comme un principe universel, lui même ayant à être dépassé même si c'est l'individu qui peut le catalyser , le réaliser comme tel.

Ta position de n'accepter rien qui n'entrave à ton être-là peut relever directement d'une déconstruction libératrice et qui à mes yeux est très séduisante Que cette déconstruction ait été nommée comme nihilisme ou négativité ou Volonté de PUissance hein on s'en bat la croupe icon_lol.gif icon_lol.gif



Citation:
perdre ses illusions n'est pas devenir fataliste. Le fataliste est soumis aux causes, au destin, à une vision. Causes et destin et vision sont des illusions. Et l'illlusion est une illusion. etc


Ben disons évidemment que c'est ici que le bât blesse ?! L'effort en soi pour considérer les illusions de toutes les illusions soit relève de l'illusion notamment qu'il y ait un soi- soit relève d'une libération via la prise d'un autre point de vue La volonté de ne pas le penser est acceptable voire même séduisante mais quid alors de son effort (intellectuel, investissement personnel etc...) Peut on penser à cet effort de pensée qui consiste à ne plus catégoriser par la pensée ?
Tous les paradoxes sont féconds ici comment le soi s'affirme dans sa négation même?
Mais je le répète je suis séduit Changer de paradigme pour vivre une autre réalité ......... pour enfin ? vivre ?! VIVRE ?!

Citation:
Ce sont, je les prends ainsi, des armes pour le combat, pas des pierres de construction.
5/5


Citation:
" La vie, si je peux utiliser ce mot, la façon dont elle fonctionne est un mouvement dont nous n'avons pas la possibilité de découvrir ce qu'il est. Toute tentative de notre part de le capturer dans le cadre de la connaissance est vouée à l'échec." (U.G. Coloquintessence .- Les Deux Océans)
je me prélasse dans un divin nectar
icon_lol.gif icon_lol.gif

Citation:
Y a -til quelqu'un, une entité, un individu libre ? Il me semblait que N répond non. Ce qui ne signifie pas qu'il ne puisse pas y avoir liberté.
Il n'y a personne pour décider de respirer, d'exprimer de la vitalité.
Ca ça fait partie du tout.
Il n'y a personne pour décider de penser. Tout est pensée autour de nous à un certain niveau. Penser, ça fait partie du tout.
Mais c'est pas tout.


Là par contre ca coince un peu Je ne serais pas si sûr de la conclusion concernant N. sur l'individu et la liberté
Si je t'ai mis le texte au départ c'était entre autre pour montrer qu'il y a un paradoxe entre une conception apparemment non individualiste qui détruit la cellule de l'individu mais pour dans cette déconstruction même l'affirmer d'autant plus fort ?!
Il ne s'agit bien sûr pas d'une preuve
Il est paradoxal dans une vision qui veut s'affranchir de l'individuité de parler de liberté La liberté n'a de sens que par rapport à l'exercice d'une volonté et celle ci n'a de sens que pour nous les humains , humain par humain C'est dans un sens second que l'on parle de liberté d'un groupe ou d'un peuple ou liberté de la Nature ou toute autre forme dérivée de cette expression Le mot liberté ne fait pas sens hors l'individu

La dissolution du Soi dissout aussi l'individu ( comme histoire et volonté propre) et par là dissout aussi toute espèce de liberté
Celà nous plonge t il dans la non liberté ?! Il n'y a plus de nous Mais ce il n'y a plus de nous n'est ce pas du "délire"
La mort est la dissolution du corps Tant qu'il y a corps il y a individu? individuation? Nier la personne comme individu quand elle s'applique à nier et être pur déni et par là devenir Libre , cette personne n'est elle pas même plus fortement encore individu ??
Le paradoxe est il à être dépassé sans cesse , le moteur de ce déni n'en est il pas la force même Faire en permanence le déni de l'individu que je suis pour par là devenir ...... le plus Libre , le plus puissant?
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
orni



Inscrit le: 14 Avr 2006
Messages: 788

MessagePosté le: Mer Aoû, 2008 10:54 am    Sujet du message: Nietzsche Répondre en citant

" Tu dois savoir qu'il s'agit aussi du premier souci de Nietzsche lui-même
Il n'a eu de cesse de lutter contre l'esprit de système Hégélien et son totalitarisme étouffant!!
Il a d'ailleurs volontairement écrit en aphorisme pour éviter une lecture linéaire et systématique de son oeuvre
Pour lui d'ailleurs, il l'a bien dit la Volonté de Puissance est tout sauf un contenu ou un en soi, il s'agit d'une dynamique, ce qu'il a appelé un devenir là aussi concu plus comme une force ou un principe plus que comme un "en soi" et je suis sûr que le premier qui voudrait détruire toute l'oeuvre de N. c'est N. lui-même La création c'est faire du neuf , du tout autre , du jamais fini "

Interessant !
Malheureusement, je n'ai pas les connaissances nécessaires à ce sujet.

" Pour N. la destruction est au coeur même de la possibilité de toute Volonté de Puissance , son aliment le plus en propre , son essence IL est très hindouiste N. "

Les bouddhistes aussi s'y reconnaissent en partie. Voir par exemple :
http://centrebouddhisteparis.org/Sangharakshita/Nietzsche/nietzsche.html


" Ben disons évidemment que c'est ici que le bât blesse ?! L'effort en soi pour considérer les illusions de toutes les illusions soit relève de l'illusion notamment qu'il y ait un soi- soit relève d'une libération via la prise d'un autre point de vue La volonté de ne pas le penser est acceptable voire même séduisante mais quid alors de son effort (intellectuel, investissement personnel etc...) Peut on penser à cet effort de pensée qui consiste à ne plus catégoriser par la pensée ? "

Il faudrait faire un effort, il faudrait que quelqu'un fasse un effort si nous étions dans un univers amorphe, mort. Alors oui.
Mais j'ai cru comprendre que ce n'était pas ce que tu pensais.
L'effort à faire est peut-être justement l'illusion. Mais en ce qui concerne N, je ne sais pas.

" La dissolution du Soi dissout aussi l'individu ( comme histoire et volonté propre) et par là dissout aussi toute espèce de liberté
Celà nous plonge t il dans la non liberté ?! Il n'y a plus de nous Mais ce il n'y a plus de nous n'est ce pas du "délire" "

Je doute, personnellement, que la liberté soit une conquête. C'est une conquête quand on est opprimé, enfermé, asservi, torturé. Oui. Le corps est notre talon d'Achille. Tout ce qui relève du corps est susceptible de pression, de possession.
L'individualité n'est que la transposition mentale du corps, elle est inspirée, justifiée par l'image du corps, la pensée du corps en tant qu'entité.

" Tant qu'il y a corps il y a individu? individuation " oui.
Mais c'est nous qui le pensons. C'est une pensée comme une autre. Je veux dire que le corps lui ne dit pas qu'il est un individu, qu'il est nous.

Délire ?

Je ne suis pas sûr. Nous avons vécu sur l'idée que nous étions une personne personnalisée. Cocasse de voir que personne, ça veut dire aussi : inexistence, rien.
En fait, je ne m'inquiète absolument pas de savoir ce qu'il peut se passer. Du moment que quelque chose tombe, s'écroule, c'est que ce n'était pas à garder.
Je ne crois pas du tout du tout que la folie, le délire soient le résultat d'un vide. C'est plutôt le résultat d'un trop-plein ou d'un capharnaüm.

Génial N quand il parle des méfaits de l'Idée de Dieu. Quand on pense à la postérité, aux effets, aux prolongements de cette Idée. A commencer par le Réalisme (par opposition au Nominalisme)
_________________
Dieu, on l'aime pas. On le craint. Il n'y a que les mystiques pour imaginer une union amoureuse avec Dieu.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur Adresse AIM
orni



Inscrit le: 14 Avr 2006
Messages: 788

MessagePosté le: Mer Aoû, 2008 11:15 am    Sujet du message: Nietzsche Répondre en citant

" Je ne sais rien. Mais du non-savoir vient toute la connaissance. Je suis complètement perdue, et de là naît une joie dans tout ce qui arrive. Je suis pour toujours en train de tomber, sans jamais atterrir. C'est la Liberté absolue. Il n'y a QUE la Libération......Cela ne fait aucune différence pour la Vie que la pensée : "je suis un individu séparé" soit assumée ou non. La Vie continue à se rêver elle-même. "

Unmani Liza HYDE
_________________
Dieu, on l'aime pas. On le craint. Il n'y a que les mystiques pour imaginer une union amoureuse avec Dieu.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur Adresse AIM
Lai



Inscrit le: 05 Jan 2006
Messages: 975

MessagePosté le: Mer Aoû, 2008 7:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Deux maitres Zen se rencontrent ils se regardent et éclatent d'un énorme fou rire icon_wink.gif icon_wink.gif
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    reims-web Index du Forum -> Le Forum de Philo Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


S'inscrire a la Lettre d'information des cafés de philo
Nom :
Adresse email :
- Reims annuaire commerces Reims boutiques rémoises - Réserver une chambre d'hôtel à Reims - Garde d'enfants - Tourisme à Reims - rencontre en ligne - accès au tchat - achats malins, promo réduction discount - Garde d'enfants - locations de vacances