ThY'D

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Posté le: Dim Fév, 2008 9:39 pm Sujet du message: Né d'un oubli. |
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Autant ne pas faire trop de pas pour avancer vers d'autres lieux ; ceux qui abritent les coeurs heureux, ceux qui soulagent les âmes défaites. Ces lieux ne se racontent pas, ils sont là ; ni vivants ni morts, ils existent. Et doucement glisse un air entendu, un air provenant d'un son tu pour dissoudre le malaise qui s'installe entre deux êtres, lorsque l'un d'eux n'est pas tout à fait présent, lorsque le monde se fait rare pour lui. Il vit pourtant de tout son plein la grande vie, il pense entièrement. On pourrait voir en lui un manque, on pourrait voir en lui un autiste par moment. Le silence. Cette blancheur grandit avec le temps et devient plus belle, éclatante. Elle le remarque, elle aime son silence maintenant. Elle aime le silence de son amour parce que c'est le bruit de sa vie, son coeur. Il a peur de la perdre à cause de ça. Par moment, c'est vrai, il ne dit rien. C'est comme ça, il ne peut pas se forcer, si la parole ne vient pas c'est qu'il n'a rien à dire. Mais ces moments - enfin surtout au début de la relation - étaient méprisés par son amie. Cette femme qu'il fréquente maintenant depuis quelques temps. A vrai dire, il ne veut plus savoir depuis combien de temps il l'aime. Il l'aime, c'est toute la vie maintenant. Mais de vivre cet amour, pour lui, c'est inédit. Elle, non, mais c'est autant inédit quand même pour elle de vivre cette relation si différente. C'est peut-être ce qui la motive à l'aimer encore plus fort. Elle a rencontré d'autres hommes avant, pas beaucoup, deux. Mais cela n'a rien à voir avec lui. Ses relations précédentes l'ont déçu jusqu'à l'écrasement, jusqu'à l'anéantissement d'un idéal. Ceux qu'elle a connu avant parlaient beaucoup. C'est vrai, elle ne s'ennuyait pas vraiment. Enfin lorsqu'ils lui prêtaient leur attention, ce qui se faisait plus rare au fil du temps. Et puis, ils parlaient beaucoup mais pour mentir de plus en plus. Chez lui, elle trouve autre chose. Elle n'y croyait plus, mais elle rêve à nouveau. Ses yeux vont dans un autrement lorsqu'elle s'allonge et vogue au delà des gouttes solaires filtrées par le store matinal. Cet autrement vécu à travers ses sens renouvelés lui donne vraiment tout un monde à vivre, à connaître avec celui qu'elle aime. Et ce lui qui l'aime vit dans un univers proprement si singulier et captivant qu'elle ne peut que vouloir mieux le comprendre pour mieux l'aimer. Elle essaie aussi de le laisser vivre malgré les moments qui peuvent lui sembler plus pénibles. Surtout lorsqu'il n'a plus grand chose à raconter. C'est périodique, mais ça lui arrive. Autant peut-il l'emmener dans des voyages réellement fabuleux, autant peut-il lui poser ce silence. Un silence qu'il explique, qu'il tente de dominer par un sentiment de vouloir la rassurer. Il lui parle souvent de ses silences. Et ça compte certainement dans leur relation qui veut se devenir durable. Elle apprécie cet être silencieux, harmonieux, agréable, tendre. Il ne cache pas ses défauts, ni sa faiblesse. Il ne veut pas non plus tomber dans ce fait d'être perçu comme étant trop gentil. Il lui répète souvent que ses bonnes attentions ne sont pas simplement de la gentillesse ; qu'il attend quelque chose d'elle, son amour naturellement. Elle le sait. Et pour elle, c'est la même chose. Il lui donne tout ce dont elle a besoin et ils jouent ensemble, ils se disent aussi des mots d'amour, ils sont sérieux. Il compense comme possible ce qu'il a perdu, ce qu'il n'a plus depuis maintenant bien longtemps. Ce que personne véritablement ne peut lui rendre, même pas elle. Il essaie juste d'être complètement humain, car il se considère comme étant un être complet ; conscient pourtant parfaitement de ce qu'il est, de qui il est aussi s'il met un peu de force volontaire pour être quelqu'un. Un individu comme un autre, c'est la normalité. Bien évidemment, il sait bien que cette norme n'est pas le plus important. Que c'est un leurre, un piège, un jeu dangereux à déjouer lorsque l'esprit le permet. Il est en mesure de déjouer le piège de la normalité et l'a fait. Il est lui-même. Ce qu'il n'avait plus, l'égo, il le taille dans sa chair. Parfois, ça crée une confusion, il peut laisser penser être plus ou moins égocentrique, voire narcissique par moment. Mais c'est la conséquence, ce sont les effets de son travail à composer l'image de son moi nouveau, perpétuellement nouveau. Elle ne voit plus la vie de la même façon depuis qu'elle le connait. Elle change, elle s'adapte aux pensées de l'être aimé, de l'autre, celui qui la met au monde par amour vrai. Comment peut-elle maintenant envisager de lire ce qu'elle lisait autrefois sans ignorer ce qu'elle vit maintenant ? Sa relation avec lui la forme en vérité. Et cela n'est pas néfaste, elle se sent plus solide, elle se sent mieux dans sa tête. Le conflit en elle s'est amoindri. Les idées contraires ne l'écartèlent plus, bien au contraire, elle en tient compte sans forcément choisir. Quelque part, elle est contaminée. Elle le sait.
Ses paupières éclipsent, l'instant d'un baiser, la douceur de son regard. Il passe la main dans les cheveux de son amie avec cette impression de toucher une comète blonde au soleil. Elle est toute proche, dans son monde ; elle ne dit rien, elle est dans celui qu'elle aime. Il ne sait pas comment parler dans ces moments qui se veulent être inoubliables pour des êtres comme eux. Le présent fait déjà parti de leurs souvenirs, c'est là leur principale différence. Et cet album qu'ils feuillettent ensemble ressemble à s'y méprendre à la création d'un univers nouveau qui s'amuse à déjouer le monde réel. C'est la force divine de deux esprits humains qui se rencontrent. A peine s'étaient-ils apperçus au premier regard qu'un entrelacement presque végétal glissait en chacun d'eux sur l'autre pour le reconnaître. Ils ont appri avec le temps à accepter cet état. Un état d'âme au début difficile à vivre, tant cela soulève beaucoup de violence ; comme par exemple de se dire que ces élans d'amour ne sont généralement que passagers, comme tant d'idées reçues qu'il fallait bien renvoyer là d'où elles venaient : dans la méconnaissance, à l'inconnu. Et c'est cet inconnu qu'il fallait alors approcher.
Parce qu'elle aime l'inconnu, j'aurais du le rester. Dorénavant, je le resterai. _________________ "Parlez doucement quand vous criez et insultez mais dans le respect. Merci." |
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