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ThY'D



Inscrit le: 10 Mar 2005
Messages: 4335

MessagePosté le: Mar Nov, 2005 5:53 am    Sujet du message: Réussite... Répondre en citant

C'est le mot pour m'encourager à suivre une médication. J'aimerais coller ce texte qui m'ouvre l'esprit sur la statuation actuelle de mon cas, et la suite qui pourrait être donnée.

Citation:
Il y a des jours comme ça, où on en a marre de lutter contre la connerie, où une certaine image optimiste du monde que l'on s'efforce de protéger pour voir un peu la vie en rose, est submergé par les manifestations de l'absurde violence de notre société normative et productiviste. Mon ton est colèrique, mais il y a de quoi.

Je regardais une émission en prime-time ce soir sur Arte, où de soi-disant spécialistes nous parlaient du cerveau et de la drogue. Non seulement rien n'était dit sur le moindre aspect spirituel ou social du bohneur, mais ils semblaient approuver la mécanisation des esprits pour la compétition autodestructrice actuelle. De plus on évoquait la quasi necessité de donner de la ritaline, un dérivé des amphétamines, à des millions d'enfants de nos pays, soi-disant malade d'hyper-activité, en fait, je pense, résistants à un conditionnement précoce à la machine à formater les corps et les esprits.

On y parla aussi des miracles des anti-dépresseurs avec de jolies images de synthèse animées, qui ont une action comparable à la cocaïne, sur des personnes qui sont bien-sûr malades, nul part mention de causes extèrieurs à la chimie de notre cerveau bien-sûr hormis le stress, représenté par un joli dessin animé. Il faut évidemment droguer et cloner des milliers de souris pour confirmer que telle molécule est capable de te faire oublier que ton boulot n'a aucun sens et que tu t'empoisonnes avec de la bouffe industrielle, et que si tu t'arrêtes d'avancer tu vas perdre tes ressources et qu'on ne te fera pas de cadeau.

Bien sûr, on nous fait le coup des instincts qu'il faut maîtriser, de nos pulsions soi-disant destructrices. Faut-il qu'on soit si orgueilleux de notre science pour croire que notre corps, forgé par des millions d'années d'expèrience pour la vie soit incompétent et notre société "moderne", normative et productiviste une panacée.

Bien sûr, c'est de la poudre aux yeux pour que les braves gens acceptent leur triste sort et avancent avec le troupeau. On trouve quelques "spécialistes" sûrement sincères, mais dont l'intellect a filtré le bon sens, au profit d'une quête de certitudes à l'aide d'équations obsèdantes. On met en plus des images qui impressionnent et ça passe pour de la vérité en barre.

J'ai moi-même vécu une situation psychologique très difficile, je ne l'ai pas encore raconté ouvertement de peur de heurter, mais ce soir je me lance.

La version officielle médicale, retenue par ma famille, foi aveugle en la science oblige, est qu'il y a un peu plus de trois ans, je suis tombé malade parce-que j'étais stressé suite à mon séjour sur Lyon et parce-que plus jeune j'avais fumé du cannabis. Il fallu donc m'enfermer dans un hopital spécialisé car je refusais d'avaler les cachets que l'on me donnait. Par la suite, cette fragilité a été compensé par les médicaments pris pendant mon internement puis par ceux que le psychiatre m'a conseillé de prendre toute ma vie car j'ai une fragilité dans le cerveau.

La vérité, celle qui ne se réduit pas à la dimension psychiatrique de quelques interrogatoires, analyses sanguines et dosages de mes médicaments, est bien-sûr plus complexe et implique toute mon histoire, mes relations et ma sensibilité en pleine évolution.

Je venais d'être licencié de mon premier travail à Lyon, j'étais écoeuré par l'ambiance malsaine qui règnait dans l'entreprise. Je retournai en auvergne pour m'éloigner de la froideur de cette grande ville. Je n'avais plus aucun revenu et j'étais contrains de vivre chez mes parents. Mon père vit dans une petite ferme restaurée avec sa femme, et ma mère vit avec son mari dans une grosse bâtisse restaurée, anciennement ferme de chateau. Chacun des foyers ressemble à un système patriarcal précaire mêlée à une pensée idéologique et identitaire. La communication entre mes parents et moi devenait difficile au fur et à mesure que je découvrais le monde.

C'était la crise de l'après an 2000 dans le secteur informatique, il n'y avait pas d'emploi et j'étais trop jeune pour toucher le RMI. Mes parents, croyant bien faire, m'ont mis la pression pour essayer de me "bouger" comme ils disent, ne supportant pas de voir leur fils agir différemment de ce qu'ils pensent être le bien pour lui. Je devais montrer que j'avais une recherche d'emploi active, que je n'avais pas été fainéant, tout devait être en ordre quand ils revenaient du travail, "ce n'est pas un hotel ici" ou "parasite" furent employés. Le rituel à caractère obligatoire du repas du soir permettait de passer en revu les réflexions "intelligentes" à mon égard, ils savaient comment "mener" un jeune.

La découverte du monde et de ma propre sensibilité m'avaient rendu concerné par toutes les injustices du monde, et je voulais connaître l'Art, la culture, la spiritualité et avoir une action politique. Mais cette quête était improductive aux yeux de beaucoup de braves gens, mes amis d'alors et ma famille comprenaient peu cette recherche dans des domaines "si loin du réel", la remise en cause de leurs habitudes provoquait des frictions.

Aussi, j'étais amoureux depuis plusieurs années d'une jeune fille en faculté d'anglais, qui incarnait une féminité, une intelligence et une beauté incroyable à mes yeux innocents. Cette fille au prénom inhabituel de Maud connaissait l'art de séduire et j'étais véritablement sous le charme. J'étais pétrifié à chacune de nos rencontres et je croyais que c'était "la" femme pour moi.

Mais la combinaison d'incompréhension, d'intolérance, de non communication, de pressions par l'argent, parfois la violence verbale dont je pu être l'objet ainsi que l'immense désir de trouver une issue à ma situation en l'amour de Maud, m'ont petit à petit fait dériver dans un délire où la quête de mon grand amour et de la paix de mon esprit étaient les buts. Le moyen pour y parvenir étant le parcours d'obstacle du bienveillant harcèlement régulier de mes proches, petit à petit créé par toutes les personnes que je pouvais croiser dont j'interpretais l'action de la même manière. Un cercle vicieux s'installa, j'interpretais de plus en plus chaque acte et chaque parole. Au bout d'un moment je ne pouvais plus supporter cette pression constante et j'essayais de la fuir, mais je me refusais à tenir tête à "mes bienfaiteurs" car j'avais peur que tout ce que je puis dire sois nié, et que l'amour que je portais à ma copine Maud ne soit trahi par ma mauvaise volonté à subir ce traitement de choc.

Mes parents ne comprenant rien à ce qui se passait en moi, ne savaient comment réagir à mon attitude "bizarre". Pour enfoncer le clou, Maud partit en Angleterre pour y séjourner dans le cadre de ses études, et peu avant son séjour, me fit une théatrale rupture d'amitié, m'accusant de ne plus être méritant de sa sympathie, rajoutant tout ce qu'elle pouvait de mépris pour que je n'ai plus envie de la fréquenter. Aussi la scène, qui se déroula dans une salle où l'on venait de célébrer un anniversaire, me paru tellement suréaliste, que je ne crus pas un instant à la sincérité de ses propos, et je considérai que cela était une nouvelle étape de l'épreuve mené par mes bienfaisants harceleurs. Je cru alors que le mieux était de partir rejoindre Maud en Angleterre, ce que je fis quelques jours après, avec bien des péripéties j'arrivais à Manchester où personne ne m'attendait. Maud ne se donna pas la peine de me rencontrer, ni se soucia de mon bien être, et je passai un certain nombre d'heures à errer dans le froid avant de me décider à repartir vers Londres où je retrouvai un ami, puis de la famille pour m'héberger. Ma grand-mère me raccompagna en France. Malgré mon grand désarroi, je m'accrochai encore à mes illusions, surtout je crois pour ne pas tomber dans le nihilisme.

Dés mon retour, très inquiet, mes parents mirent la pression sur un médecin généraliste pour qu'il fasse le nécessaire pour que je sois soigné. On complota, après quelques tentatives maladroites de me faire prendre des cachets, un enfermement en hopital psychiatrique, une HDT (hospitalisation sur demande d'un tiers). Quelques jours auparavant, on me demanda de rencontrer pendant quelques minutes un médecin psychiatre à Clermont, qui en fait statua sur mon cas derrière son beau bureau. Je ne me doutais pas alors de ce qui allait se passer et je me consacrais au dessin et à la poterie pour créer un lieu de créativité et de fantaisie au milieu de mes tourments.

Je fus donc capturé peu après chez ma mère, en fin de matinée, en présence de la gendarmerie, des pompiers, et d'un médecin généraliste. Tout d'un coup, j'étais sorti de la case adulte responsable à celle de "être dangereux pour lui-même, et pour les autres", on me mit de force dans un camion de pompier sans me donner le temps de m'habiller et on me fit prendre un cachet.

Je fus placé le jour même dans un service fermé mais non surveillé. Quelque peu surpris de mon aventure et indigné d'un tel traitement, je sortis de l'hopital sans autorisation au milieu de l'après-midi, pour me rendre chez un ancien camarade de promotion Pierre, espèrant y trouver refuge pour négocier. Quand je lui racontai mon histoire, il prit peur et en cachette appela l'hopital.

On me captura une deuxième fois, et cette fois-ci ... on allait m'apprendre par la force que "je me mettais en danger, ainsi que les autres". Alors on m'enferma dans une cellule avec 10 fois la dose normale de tranquillisants, pour faire comprendre au "fugueur" quelles étaient les bonnes règles. On me laissa plusieurs jours dans celle-ci, je ne me rappel plus si ce fut 3 ou 4 jours, une pièce totalement vide, hormis un petit lit à barreaux grinçant vissé au sol. Je passais beaucoup de temps assis ou couché dans un état intermédiaire entre le sommeil et le réveil, parfois à regarder le ciel à travers le grillage sur la fenêtre. Je devais demander la permission pour me laver dans la salle de bain, et mon coeur se brisait chaque fois qu'on refermait le verrou de la porte de ma cellule. Le deuxième jour, totalement apeuré par l'idée de rester plus longtemps dans ma cellule, je me rappel avoir appelé un infirmier et quand il ouvrit, voulu faire quelques pas dehors en suppliant l'infirmier du regard, il me saisit sèchement par l'épaule et me repoussa à l'intérieur de ma cellule en gardant une attitude froide qui lui semblait très professionnelle.

Comme j'étais considéré comme un fugueur, on jugea mon cas plus sensible, on décida de me garder en surveillance assez étroite et de me donner toutes sortes de médicaments "curatifs". Par la suite on me changea de chambre plusieurs fois en fonction des "libertés" accordées.

Le personnel en blouse blanche ne donnait que peu d'importance à l'individualité des patients, et les médecins ne nous apercevaient que quelques minutes par semaines. Je n'eu pas l'occasion, lors de mon séjour, de m'exprimer en confiance. Je compris rapidement, malgré mes quelques défauts d'interprétations de la situation, que j'étais pris dans un système normatif et que je devais paraître tout à fait "normal" pour être considéré comme guéri.

Alors contrairement à d'autres patients échoué eux aussi en ce lieu impersonnel, et qui se laissaient aller au désespoir et à l'inactivité, je décidai de "jouer" ma guérison puisque j'étais "malade".

J'étais très anxieux, la privation de liberté me provoquait un stress intense, et je continuais de croire que l'amour de Maud m'attendait à la sortie, mais quand ???

Je fis mon possible pour paraître le plus propre possible(facile, car la douche était un des meilleurs moments d'évasion), bien rasé, je participai autant que possible aux activités, une demi-heure de sport par là, une demi-heure d'hydro-thérapie par ci, les activités étaient si courte(pourquoi ???) que je profitais davantage du trajet que de l'activité. Et à chaque visite du médecin en blouse blanche, une fois par semaine, je faisais part de ma satisfaction d'avoir eu ces quelques moments de liberté, pour qu'il m'en accorde davantage. Au bout de quasiment 2 mois, je fus autorisé à sortir plusieurs heures en ville. Je me faisais une séance de cinéma pour le plaisir, espérant voir à l'écran des signes de ma promise( je commençai vraiment à trouver le temps long, et je menaçai Maud dans mes pensées de ne pas être sienne, si tout ce cirque ne prenait pas fin). Puis on m'accorda le week-end, et enfin je fus libéré ou presque...

Je retournai donc chez mes parents, croyant toujours que l'amour de Maud m'attendait au bout de l'épreuve... Mais comme on ne me mettait plus la pression pour le boulot et que je touchais désormais des indemnités maladies, je supportais plus facilement le retour chez mes parents et je repris ma quête, avec une vigilence accrus sur mon paraître, et l'angoisse permanente de reperdre ma liberté.

Toutefois malgré le progrés de ma situation, j'étais désormais considéré par mes proches comme une personne malade, avec "un problème au cerveau", donc je devais prendre tous mes médicaments sinon "j'allais retomber malade" qu'on me disait, et si j'avais la moindre protestation, on me disait qu'ils savaient faire la différence quand je prenais mon traitement et quand je ne le prenais pas, qu'ils seraient obligés d'agir pour ne pas que ça recommence.

Alors il s'en suivit que chaque fois que je ne supportais plus cette situation et que je déprimais, on m'accusait de ne plus prendre mes médicaments et on me demandait de les prendre devant témoin. Heureusement pour moi, le cauchemar prit fin pendant un temps, grâce à une formation trouvée sur Aurillac, puis je rencontrai une fille nommée Patricia par Internet , avec qui je vécu quelques mois heureux et les quelques derniers un peu moins.

Après ma rupture, je retournais, à contre-coeur chez mes parents, et il fut à nouveau considéré comme une situation anormale que je vive chez eux, car je suis "grand" et que "si je les écoutais et suivais leurs conseils", je serais autonome et heureux. Très vite, je retombai dans un délire assez similaire de persécution, en espèrant que l'amour d'une belle viendrait me délivrer, cette-fois ci, il prit les traits de Delphine, ex-collègue de travail fort attirante.

Cette fois, je réagissais avec l'expèrience de mon premier délire, et je prenais davantage soin de moi. Mais je ne pouvais malheureusement pas éviter les confrontations avec mes parents qui souhaitaient "adapter" ma conduite à la vie chez eux et à la "réalité". Je dus me battre avec mes poings contre mon père à deux reprises, mais il ne désirait pas vraiment me vaincre, et à chaque fois cela finissait dans les larmes, il finissait par des mots de réconciliation.

Ayant désormais plus de 25 ans, je pus demander et percevoir le RMI, aussi je m'aménageai un lieu de plus grande indépendance dans la grande pièce du fond de la maison de ma mère et de mon beau-père. Je passai un été 2004 aussi bien que je pu dans cette relative indépendance, et je trouvai l'espace et un calme suffisant pour déconstruire mon délire, et réaliser qu'il n'y avait pas de grand amour pour moi une fois de plus. Ma mère dans une certaine mesure, devenait plus respectueuse de ma sensibilité, et souhaitait profondément que je sois heureux.

Fin de l'été 2004, avec des projets pleins la tête pour me construire une nouvelle vie, je louai avec mes quelques ressources et un emprûnt de 500€ auprès de la mère d'un vieux copain, un appartement à Clermont-ferrand, avec le consentement quelque-peu sceptique de mes parents qui assurèrent la caution.

Les évènements se sont ensuite enchaînés dans une suite favorable. Grâce à l'obtention d'un emploi d'assistant d'éducation et aux relations amicales que j'ai pu établir dans la ville depuis mon installation, je me sens désormais suffisamment à l'abri pour pouvoir dire les choses telles que je les ai vécues. Aujourd'hui je me sens libre et j'essais de construir mon avenir avec mon coeur.

Reste au final que je suis encore dépendant d'un des médicaments neuroleptique que l'on m'a prescrit pour 10 ans, sans le moindre suivi par la suite : Le SOLIAN

Avec les conseils d'un médecin j'essai de me sevrer en diminuant par paliers ma dose quotidienne, mais les souffrances physiques causées par le sevrage sont assez terribles et il faut des mois pour franchir un palier et se stabiliser. J'arrive au dernier, passant de 200 mg il y a plus d'un an, à 50 mg aujourd'hui.

Mon désir est d'être compris par mes parents, de les ouvrir à leur sensibilité. La psychothérapeute que je me suis choisi, pour m'aider à me soulager et me construire plus solidement, pour affronter le quotidien de notre "génération précarité", me conseille de ne rien attendre de leur part et de garder la bonne distance.

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ThY'D



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MessagePosté le: Mar Nov, 2005 6:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je me souviens. Dans les derniers "mois" avant que je ne sorte plus du tout. Je cherchais dans la mise en rayon et là encore ça coinçait.

Bon pour noter.

Dois-je me contraindre à prendre une activité, n'importe laquelle ?

Ou bien "lutter pour le meilleur", soit ME LACHER pour accorder intérêts (passions) à profession ?

Grrrr il y a tout et son contraire en moi, c'est terrible. Je n'arrive même pas à téléphoner à la circo. Faut dire que je ne vois pas quoi dire.

Rassurer les esprits ?
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