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orni
Inscrit le: 14 Avr 2006 Messages: 711
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Posté le: Lun Juil, 2008 12:17 pm Sujet du message: Nominalisme et nominalistes |
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J'aimerais des réactions sur ce sujet. Ce n'est pas une affaire de spécialistes. Je découvre que la dispute entre réalistes et nominalistes traverse les siècles et semble ressurgir aujourd'hui.
C'est que, à une époque du retour du religieux, le nominalisme dérange.
On trouvera ici : http://www.cosmovisions.com/Nominalisme.htm
un résumé de l'histoire et une présentation du nominalisme (qui ne se réduit pas à Ockham)
Au fond, il s'agit de savoir ce qu'on fait du sujet. Et s'il intervient, comment ?
Les réalistes ont tendance à faire confiance au sujet au point de l'ignorer.
Les nominalistes posent la question de la connaissance.
J'extrais certains passages de l'article pour les commenter :
"Cyniques qui lui opposèrent le nominalisme le plus hardi qu'on ait jamais soutenu : Il n'y a de réalité, disaient-ils, que dans les objets des sens, tels que les sens nous les présentent"
C'est à dire que l'expérience par les sens est la réalité. Ils ne disent pas que cette réalité EST la vérité. Ils disent (peut-être) qu'il y a là une "connaissance" où connu et connaisseur ne font plus qu'un.
"Le nominalisme d'Aristote, c'est d'avoir aperçu que les déterminations des choses ne peuvent que par abstraction se séparer de la matière qu'elles informent; que ce n'est pas en nous détournant du monde donné que nous connaîtrons ce qui est en lui intelligible, mais en nous appliquant au contraire à le contempler. En affirmant que l'expérience seule témoigne de la réalité des êtres, Aristote a ouvert la série des penseurs nominalistes."
Abstraction, séparation, ces mots sont interessants en ce qu'ils disent quelque chose de la NATURE de la détermination. Là encore, on retrouve l'expérience. Mais ....
"Aristote cependant n'a pas été nominaliste sans restrictions. Les idées générales ne sont pas, à ses yeux, la substance première des choses, mais elles en sont l'essence, c.-à-d. le seul élément intelligible."
Essence, un concept qui a fait florès. Qu'est-ce sinon un postulat. ?
"Les réalistes du XIIIesiècle avaient eu le mérite de poser la question nettement. Les déterminations que l'esprit impose aux choses ont-elles une existence en soi ? Ils avaient répondu affirmativement."
Il faut toujours écouter soigneusement ses adversaires. Ce que l'esprit impose comme détermination existe.....ça pourrait se concevoir. Mais cela existe dans les choses !
Autrement dit : exit le sujet.
" Non seulement pour les cartésiens le général n'est pas réel, mais il n'est même pas objet de science. Telle est la grande critique faite par les disciples de Descartes au réalisme aristotélicien et la véritable position de leur nominalisme. "
Fiction leur répondent les cartésiens. Mais chassez le réalisme, il revient au galop, tout dépend de ce à quoi on croit. Ici les mathématiques.
"Ils admirent que ce qu'il y a dans le monde de déterminable pour les mathématiques et les idées correspondantes est la seule réalité. Le système de Spinoza, que nous appelions naguère nominaliste, est la forme la plus conséquente de ce réalisme nouveau. Tout ce qui est en dehors de la mathématique, comme le donné qualitatif de la sensation, les passions, etc., n'existe pas réellement, "
"Le nominalisme kantien est inspiré de Hume. Mais celui-ci, pour mieux ruiner le réalisme cartésien de l'entendement pur, en était arrivé à un réalisme phénomeniste de la sensation indéterminée. Kant trouva un équilibre entre ces tendances. A la question éternelle : quelle est la valeur des déterminations que l'esprit impose aux choses? Question que Hume avait résolue trop négativement, Kant donna une réponse qui, dans ses grands traits, nous paraît définitive, Les déterminations de l'esprit; ou, dans le langage kantien. les catégories, ne sont pas des réalités en soi, mais des formes qui exigent, pour être légitiment employées, une matière : le sensible. Prises à vide, ces catégories ne nous font atteindre aucun monde transcendant ; d'autre part, ces déterminations ne sont pas quelque chose d'arbitraire ; elles expriment les exigences de l'esprit humain. La ruine de la métaphysique antérieure et l'exaltation de l'expérience, voilà les deux traits que nous avons constamment rencontrés chez les nominalistes et qui se retrouvent chez Kant au plus haut degré. "
Je passe la fin.
Des catégories, des concepts qui ne renvoient à aucune réalité, ce n'est pas terrible !!.
Quels sont donc ces mots qui désignent des fictions, du non-existant ?
S'il y en a, sommes-nous conscients, en les utilisant, de ne parler que de fictions ?
Ockham disait par exemple : les généralités, les universaux n'existent pas. L'homme n'existe pas. Il n'y a que des individus. _________________ Le mot : rose n'a pas de parfum, mais le parfum de la rose est un concept. |
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orni
Inscrit le: 14 Avr 2006 Messages: 711
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Posté le: Lun Juil, 2008 12:33 pm Sujet du message: Nominalisme et nominalistes |
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p.s. Je suis encore plus hardi que les Cyniques : je prétends que l'expérience, les objets que les sens nous présentent, sont, eux aussi, des UNIVERSAUX sans réalité. Pin pon pin pon _________________ Le mot : rose n'a pas de parfum, mais le parfum de la rose est un concept. |
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orni
Inscrit le: 14 Avr 2006 Messages: 711
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Posté le: Lun Juil, 2008 1:01 pm Sujet du message: Nominalisme et nominalistes |
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Ah oui, quel rapport avec la religion ?
Eh bien par exemple, voyez cet article symptomatique :
http://www.webzinemaker.com/admi/m6/page.php3?num_web=37114&rubr=3&id=344101
Entête : L'existence de Dieu est une question oubliée dans la philosophie contemporaine. Ne pas la poser va-t-il de soi? L'abandon de cette interrogation marque un appauvrissement et a tout à voir avec une transformation de la notion d'existence. Les réflexions de Jean Grondin, professeur à l'Université de Montréal, auteur spécialiste de la philosophie allemande et de l'histoire de la métaphysique sont des plus stimulantes.
Il n'y a pas plus de légitimité à se poser la question de l'existence de Dieu que de se poser la question de l'existence du monstre du Loch Ness. (Quoiqu'on ait des photos, parait-il truquées, du monstre. alors je préfère le monstre).
Pouvoir du mot : comme s'il suffisait de nommer quelque chose pour le faire exister. Et comme le mot est quasi intemporel, on imagine que ce qu'il désigne a toujours existé.
Non, Dieu, c'est bien l'histoire de la croyance, des pratiques etc. Quant à la question de son existence, c'est une question perverse. Se poser la question, c'est déjà admettre l'idée que la réponse peut être oui.
Sont malins les religieux. _________________ Le mot : rose n'a pas de parfum, mais le parfum de la rose est un concept. |
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orni
Inscrit le: 14 Avr 2006 Messages: 711
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Posté le: Sam Juil, 2008 9:21 am Sujet du message: Nominalisme et nominalistes |
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Considérations instructives sur la voie d'un nominalisme total :
http://www.relatio.com/lexique/anti-dictionnaire.htm _________________ Le mot : rose n'a pas de parfum, mais le parfum de la rose est un concept. |
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orni
Inscrit le: 14 Avr 2006 Messages: 711
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Posté le: Mer Juil, 2008 10:46 am Sujet du message: Nominalisme et nominalistes |
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Ca continue là :
http://inconnaissance.unblog.fr/2008/06/ _________________ Le mot : rose n'a pas de parfum, mais le parfum de la rose est un concept. |
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