vers le site Reims-web

 Annuaire Achats Reims
  Accès Tchat Reims

reims-web
Le Forum de Reims-web
 
FAQ  FAQ    Rechercher  Rechercher     Liste des Membres  Liste des Membres
Groupes d'utilisateurs  Groupes d'utilisateurs   S'enregistrer  S'enregistrer
 
Profil  Profil Connexion  Connexion       Rechercher  Ancien Forum
Se connecter pour vérifier ses messages privés  Se connecter pour vérifier ses messages privés
Rechercher   consulter les PA                       Rechercher   Vers le Forum Philo   
  Accès au Tchat Reims   Le Trombinoscope des habitués

Le Handicap dans la société...

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    reims-web Index du Forum -> A mon avis
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
MichelFOURNIER
Invité





MessagePosté le: Mer Déc, 2005 12:24 pm    Sujet du message: Le Handicap dans la société... Répondre en citant

Le mercredi 30 mars 2005, j'étais avec un ami atteint de spina bifida à une réunion publique organisée par le "Grand Orient de France", au 16 rue Cadet à Paris, réunion à laquelle assistait Madame Marie-Anne Montchamp, alors Secrétaire d'Etat aux personnes handicapées.

Un des intervenants, Patrick GUEDJ, de la Loge "Unité Maçonnique", avait alors fait une intervention qui m'avait profondément ému.
Je reçois ce jour les actes de cette réunion publique.

Je vous copie ci-dessous le texte intégral de l'intervention de Patrick GUEDJ , vous invitant à la lire en vous imaginant cet homme qui vous parle de son fauteuil roulant :

Témoignage : Je ne veux pas être intégré ä la société

Patrick GUEDJ
(Loge Unité Maçonnique)



Permettez-moi d'engager mon propos avec le texte suivant, extrait de "Lettre au Président de la République sur les citoyens en situation de handicap, à l'usage de ceux qui le sont et de ceux qui ne le sont pas" de Julia Kristeva, 2003 :

" La politique en direction des personnes handicapées s'est construite progressivement au cours du XXème siècle. Il n'est plus question aujourd'hui d'assistance charitable mais de solidarité nationale. Après le droit à réparation, puis le droit à la rééducation, le principe de non-discrimination se substitue à celui de réadaptation. Et aujourd'hui le droit à compensation des conséquences des handicaps devient l'expression de l'égalité de droit pour l'exercice d'une citoyenneté pleine et entière. Les personnes, dites ou reconnues comme handicapées, forment un ensemble très hétérogène. Il y a derrière cette désignation une foule de cas particuliers. L'utilisation d'un terme unificateur a permis de faire évoluer le regard porté par la société sur le handicap et les personnes concernées, au risque de masquer 1'extrême diversité des conditions personnelles […]

Presque 30 ans après la 16i d'orientation du 30juin 1975, fixant l'intégration des personnes handicapées comme obligation nationale, cette logique même d'intégration reste pourtant une ambition a réaliser puisqu'il s'agit de lune des priorités nationales définies par le Président de la République en 2002. Les pouvoirs publics reconnaissent ainsi le retard pris par la France dans la prise en compte du handicap. Un regard sur les pratiques d'intégration des personnes handicapées à l'étranger montre le décalage entre notre pays et les pays voisins
". [fin de citation]

Le 6 janvier 1982, je tombais d'un étage, passant au-dessus d'une rampe dans un escalier en colimaçon. La moelle épinière saccagée, les dégâts étaient irréparables. Après un an d'immobilité forcée, alternant entre le désir de suicide et l'envie de me battre, je refaisais mon chemin dans la société que je découvrais, maintenant ä la fois hostile et fascinante.

Je réussis à garder attache sur ce bateau, sur ce radeau de la Méduse de la vie, où les marins, se soutiennent ou s'entredévorent dans une inégalité des chances honteuse, et une égalité de droits violée comme dans une tournante.

Je ne me sentais pas plus défavorisé que mes compagnons d'infortune, noirs, pauvres, femmes, invalides ou tout ce que vous voudrez. Cette malchance, sous diverses formes, nous touchait et nous octroyait certainement à tous les mêmes droits et le mêmes devoirs : nous dépendions du même bateau.

Aujourd'hui, je comprends que je dois manifester ma volonté d'intégration ! Cet accident de janvier 1982 m'aurait donc ôté mon caractère de passager du bateau ?

Intégration à quoi ? A la nation ? A la société ? A 1'espècee ? Ce n'est pas précisé, et cette imprécision m'apparaît comme une menace de plus : en d'autres temps, il n'y a pas si longtemps que cela, les personnes handicapées étaient éliminées.

Alors, je me dois d'affirmer que je suis contre l'intégration des personnes handicapées à la société !

Et pourquoi donc ? Eh bien parce qu'elles en font déjà partie tout simplement !

Vous entendez bien... : Nous faisons déjà partie de la société !

Parler d'intégration pour un individu ou pour un groupe, user seulement de ce mot, c'est admettre, accepter que l'individu ou le groupe en question ne fasse à priori pas partie de notre société, que cela ne va pas de soi, que cela se mérite et peut être accordé ou refusé à quiconque.

Demander l'intégration, pour une personne handicapée, c'est un peu comme demander l'amnistie pour un justiciable: un aveu de délit pour l'un, un aveu d'infériorité pour I'autre.

C'est comme l'utilisation du mot "handicapé" qui définit la personne et son inadaptation, plutôt que "handicap " qui définit l'obstacle, ce qui permet à la société de déculpabiliser de n'avoir pas prévu l'accessibilité ou l'adaptation des structures indispensables, à l'égalité.

J'ai appris depuis, que dans un débat, il ne faut pas employer les mots et le langage de l'adversaire, mais nos propres mots et notre propre langage, de façon à pouvoir jouter en terrain favorable.

Gaston Bachelard a écrit : "Le langage est un mode d'existence, il ne reproduit pas le monde, il le produit ".

Je sais bien que ceux qui demandent l'intégration des personnes handicapées à la société veulent en réalité, je le crois profondément, la reconnaissance de leurs droits et l'adaptation des structures de la société à leurs besoins.

Mais alors, pourquoi ne pas dire clairement : nous sommes déjà membre de cette société, nous voulons la reconnaissance dans les textes et dans les actes de cette appartenance! Pourquoi ne pas inscrire le handicap dans la différence et non pas dans l'infériorité ?

Madame la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées, le mercredi 19 Janvier 2005, Alain Marty, Député de Moselle vous posait la question suivante dans le cadre des questions au gouvernement :

"Madame la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées, la politique du handicap est l'un des grands chantiers ouverts par le Président de la République en juillet 2002. Nous allons voter le projet sur l'égalité des droits et des chances : 5,5 millions de nos concitoyens vont en bénéficier. [ ... ]

Je veux insister sur un point : l'accessibilité des bâtiments publics et des transports. Nous avons fixé un délai de dix ans. Comment voyez-vous voire action dans la mise en oeuvre de ce texte tant attendu ?
"

Vous lui répondiez ce même jour : "L'accessibilité des lieux publics est au cœur de ce texte. Un engagement précis a été pris par le Premier ministre il y a quelques jours :
doter le fonds interministériel de l'accessibilité de 25 millions. Cela représente le doublement, en un an, de l'effort conduit depuis dix ans.

Une dotation de 4 millions dont va bénéficier le Fonds d'intervention pour la sauvegarde de l'artisanat et du commerce permettra de rendre accessibles les commerces de centre-ville. La chaîne de déplacement doit être cohérente : à quoi servirait-il d'améliorer l'accessibilité des transports si la cité n'est pas plus facile d'accès ?

Ce texte va permettre d'accueillir les personnes handicapées dans la cité, pour que nous la renforcions de nos différences
." [ ... fin de citation.]

J'ai donc fait un calcul tout simple : 25 ME / 5.5 M de personnes handicapées / 10 ans, cela fait 0.45 C par personne handicapée et par an. Je me suis posé alors une question :

Ce grand chantier ouvert par le Président de la République en juillet 2002, n'a-t-il pas aussi un rapport avec la cohésion sociale ?

Monsieur Alain Joyandet, Député de Haute-Saône félicitait le mercredi 8 décembre 2004 Jean-Louis Borloo, Ministre de 1'emploi, du travail et de la cohésion sociale en ces termes :

"Nous allons voter tout à l'heure la loi de cohésion sociale souhaitée par le Président de la République. Je n'hésite pas à la qualifier d'historique. Jamais il n'a été fait autant pour ceux que la vie a pénalisés, jamais l'Etat n'aura donné autant de moyens pour améliorer la vie dans les cités où l'on souffre ! 600 millions d'euros pour la dotation de solidarité urbaine. Rien que pour cette victoire, la gauche devrait voter ce texte avec nous ! " [fin de citation].

Je me suis, en fait, demandé ce que signifiait l'expression "solidarité urbaine ", et là, la somme semblait plus conséquente... 600 Millions d'euros...

L'année 2003 a été l'année européenne des personnes handicapées.

Savez-vous que 50 millions de personnes handicapées vivent (ou souvent survivent) en Europe ?

Savez-vous que les personnes handicapées percevant l'AAH (Allocation Adulte Handicapé), inférieure au seuil de pauvreté, sont exclues de la CMU (Couverture Maladie Universelle) ?

Savez-vous que la plus grande minorité de France (5.5 millions de personnes handicapées) n'est pas représentée dans les organismes qui les concernent ?

Les personnes handicapées moteurs, mentales, visuelles, auditives, sensorielles, les victimes d'accidents, les personnes âgées, les polyhandicapés connaissent une mobilité différente de celle des autres citoyens européens.

Sont-elles condamnées à n'espérer qu'en des opérations caritatives de type Téléthon qui sont autant de preuves éclatantes du désintérêt des élus à l'égard de certaines catégories de citoyens? Ce désintérêt a déjà été sanctionné par le formidable é1an de solidarité de millions de Français.

Pourtant, j'ai envie de rappeler que les personnes handicapées sont bien des citoyens à part entière et non des citoyens entièrement à part.

Pour les mêmes raisons que celles pour lesquelles je suis contre l'intégration des personnes handicapées à la société, je suis également contre l'aménagement des lieux publics, pour les rendre accessibles aux personnes handicapées.

C'est toute la ville, avec ses rues et tous ses édifices qui doit être accessible à tous les individus. Ce n'est pas une nuance, les aménagements des lieux publics et des édifices pour les personnes handicapées se révèlent toujours, utiles et favorables à l'ensemble des usagers, qu'ils soient valides ou non.

Nous sommes tous des citoyens handicapés en fait ou en puissance et nous le serons, forcement un jour si nous vivons assez longtemps. La médecine fait tout ce qu'elle peut aujourd'hui pour cela.

Alors, de grâce ! requalifions le crime et mettons la société en examen pour non-reconnaissance d'enfant plutôt que pour non-intégration.

Je voudrais énoncer ici les 3 mots fondateurs de notre République : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE... et je demande :

- la LIBERTE de circuler dans les transports dits "publics", dans les rues, dans les parcs ou partout ailleurs.

- l'EGALITE d'être formé dans les mêmes écoles de la République, d'avoir les mêmes chances de trouver un travail, de pouvoir emmener moi-même mes enfants ä l'école, en pouvant y pénétrer de manière autonome, de pouvoir participer ä la vie de la cité.

- la FRATERNITE par la simple reconnaissance de ma condition de citoyen et d'être humain.

On mesure le degré de civilisation dune société au niveau de protection qu'elle accorde à ses plus faibles. Je veux croire aujourd'hui que l'avenir 'est interdit à personne.

Permettez-moi une autre citation de Groucho Marx cette fois : "I refuse to join any club that would have me as a member [Je refuse d'appartenir à un club qui m'aurait déjà pour membre ]"

Eh bien moi, je refuse de demander mon intégration à une société qui ne me reconnaîtrait pas déjà de fait pour membre.






D'aucuns me diront que ce texte est long, mais je ne me sens pas autorisé à en modifier un seul mot...

Les derniers paragraphes donnent une dimension éminemment "citoyenne" à ce texte.... et ils me donnent chaque jour la volonté de poursuivre davantage mes actions en direction des plus défavorisés, ce qu je fais depuis des décennies, sous les formes les plus diverses. ...

L'ensemble des actes de cette réunion publique sont accessibles par ce lien :

http://www.godf.org/actu_detail.asp?num=24

Cordialement

Michel FOURNIER
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    reims-web Index du Forum -> A mon avis Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


S'inscrire a la Lettre d'information des cafés de philo
Nom :
Adresse email :
- Reims annuaire commerces Reims boutiques rémoises - Réserver une chambre d'hôtel à Reims - Garde d'enfants - Tourisme à Reims - rencontre en ligne - accès au tchat - achats malins, promo réduction discount - Garde d'enfants - locations de vacances