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je-positive

Inscrit le: 09 Déc 2005 Messages: 18
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Posté le: Mar Déc, 2005 11:29 pm Sujet du message: TRISTE NOUVELLE : MORT DE STANLEY WILLIAMS |
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Je viens d'apprendre par le biais des informations radiophoniques, que l'exécution par injection létale de Stanley Williams n'a pu être évitée, le gouverneur de Californie, en l'occurence l'ancien acteur américain hollywoodien, Arnold Schwarsznegger n'ayant voulu lui accorder la grâce dont il a tranché sur la demande quelques heures avant l'exécution de la peine capitale. Il avait 51 ans.
Etant jeune, doté d'une musculature absolument phénoménale, une force de la nature, il donna l'impulsion à un mouvement qui s'est traduit par l'existence d'un groupe de gangs, les Crips. Certes, il fut une véritable terreur pour les personnes qui avaient le malheur de le croiser, tant que son agression menée à son paroxysme fut incoercible.
En fait, c'est lui qui laissait déverser les violences de sa propre loi, lesquelles reflétaient bien la partie principale de sa dynamique existentielle vouée à l'exploisivité, agressivité d'origine délinquante. Puis un jour au cours d'une fusillade, quatre personnes perdirent la vie, alors que de nombreux éléments, véridiques ou mal-fondés, plaidèrent en faveur de l'implication de Stanley Williams. En 1981, il fut condamné à la peine capitale. Mais il eût toujours nié ces quatres meurtres.
Mais voilà qu'il parvint à réaliser des progrès absolument prodigieux, découvrant ainsi les joies de l'intellectualité en prison, ne cessant de s'instruire au cours des treize dernières années de sa vie, tant qu'il devint la prix Nobel de la paix et de la littérature. Il a même publié de nombreux ouvrages éducatifs, à titre préventif donc, pour dénoncer les méfaits des gangs, les conséquences tragiquent qui peuvent s'abattre sur le sort des militants en faveur d'un gang.
Pourquoi un homme comme Stanley Williams, surnomé Tookies, s'abimait-il les yeux à griffonner dans une quasi-obscurité avec des crayons usagés ? Il essayait de faire passer un message. Tout à commencé, lorsqu'il reçut une journalité Barbara Becnel qui vint lui rendre une petite visite impromptue en prison. Elle sut le convaincre d'accepter d'être le porte-parole des gangs, tant qu'il eut une grande notoriété auprès des gangsters, dont la majorité le considérait comme un demi-dieu. De ce côté il ne tarissait pas d'éloges.
Alors vint à Barbara Becnel, cette fameuse journaliste, de proposer une rencontre amiable entre deux gangs ennemis, les Crips et les Bloods, afin que ceux-çi acceptent de faire la peine, d'enterrer la hache de guerre, pour employer une expression allégorique plus ou moins populaire. Stanley Williams et la journaliste pensèrent qu'avec une telle démarche, ils pouvaient sauver des dizaines, voire des centaines de vies. Donc Stanley Williams prêta sa voix à cette fin. Ce fut l'une des rares personnes à pouvoir agir efficacement en faveur d'une baisse de violence au sein d'au moins ces deux gangs.
C'est ainsi que 400 membres des deux gangs rivaux se rencontrèrent. Un mauvais geste des uns ou des autres, et c'est le bain de sang. Soudain, le mur du fond s'éclaire. C'est un film vidéo : l'image tremblotante de Tookie Williams Stanley s'adresse solennellement à la salle. Connaissant le message, porteur d'espoir, qu'il leur adressa ce jour là, je ne puis résister à la tentation de vous en informer, message que je reporte fidèlement, mot pour mot, du moins tel qu'il a été traduit de l'américain au français :
Mes frères... Cette guerre des gangs a fait trop de victimes. Maintenant est venu le temps de la trève.
Williams Stanley, le fondateur des Crips, exigea donc le cessez-le-feu. La salle en fut médusée. Quand l'image de Tookies, Williams Stanley, disparaît sur le mur noir, c'est le silence. Un silence assourdissant, rompu par un tonnerre de vivats : le principe d'une trève est soumis au vote et accepté.
Deux photos de Williams Stanley, dont la deuxième fait l'objet de la page de couverture de l'un de ses quelques ouvrages écrits sur le sujet.
La rédemption exceptionnelle de Tookies ne fit aucun doute. Mais je ne peux que réexprimer mon exaspération par la décision que je juge contestable d'Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de Californie, en ayant donné une réponse des plus défavorables au sujet de sa demande de grâce, après avoir écouté les deux parties adervses.
Je considère que le non-abolissement de la peine de mort aux Etat-Unies, c'est le signe d'une défaillance évidente du système juridique en vigueur incapable de s'affranchir de son primitivisme américain, d'adopter des réformes prévalant sur leur mode de pensée figé qui trahit un principe capital de la Déclaration des Droits de l'Homme : tout être humain a le droit à la vie.
En outre, un Prix Nobel de la paix et de la litterature n'a rien d'un danger public. Donc, au-delà de la grâce dont aurait dû lui faire bénéficier Arnold Schwarzenegger, selon moi, il aurait dû être remis en liberté. Alors que partout ailleurs, on relâche des criminels n'ayant pas apporté la preuve de leur réhabilitation, avant qu'ils ne soient jugés au cours d'autres procès pour meurtres avec récidive.
A vous de juger ! |
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Mer Déc, 2005 9:31 am Sujet du message: |
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Les Etats-Unis sont un "pays" très paradoxal...
Le Président des Etats-Unis jure sur la Bible lors de son "intronisation", Bush ne cesse de faire des références à Dieu, le billet de 1 $ comporte la mention "IN GOD WE TRUST"...
De deux choses l'une :
- ou bien le DIEU auquel font si souvent référence les américains est un dieu qui autorise l'homme à tuer l'homme.... et dans ce cas, les américains mettent leurs pensées en accord avec leurs actes....
- ou bien le DIEU auquel ils font référence est le même que celui auquel croient nombre d'humains, qu'ils soient juifs, chrétiens , musulmans, ou autres... qui préconise le respect de la VIE en toutes circonstances.... et, dans ce cas, les américains suivent les directives d'un autre DIEU que celui auquel ils prétendent croire.... tout en affirmant croire en un DIEU dont ils ne respectent pas les commandements...
Questions : si les américains correspondent à la seconde attitude, comment cela se nomme-t-il ? et quel est cet autre DIEU ?
Cordialement
Michel FOURNIER |
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maJie

Inscrit le: 14 Mai 2005 Messages: 605 Localisation: Bretagne
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Posté le: Mer Déc, 2005 1:27 pm Sujet du message: |
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| Citation: | | A vous de juger ! |
il arrive bien des fois qu'en mourrant tragiquement, l'oeuvre commencée perdure plus encore.
Je n'ai pas à juger, je n'ai pas à trancher sur ce que je ne sais pas. L'Histoire est pleine de paradoxes alors une de + ou de - ne changera pas la face du monde.
D'ailleurs ... l'individu est rempli de paradoxes, alors pourquoi pas une institution ... qui est le condensé !
Il y a plein d'enfants, de femmes, d'hommes, de vieillards qui meurent chaque seconde d'une injustice économique, politique, financière (et j'en passe) .... pourquoi je m'arrêterai plus sur celle là (qui est certainement abominable pour celui qui la traverse)
je ne peux pas juger ... je peux seulement donner MON avis et il reste uniquement mon avis.
Merci de m'avoir tout de même apporté cette info.
maJie  _________________ "Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre" Paul Eluard |
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Mer Déc, 2005 2:18 pm Sujet du message: |
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| Citation: | | (qui est certainement abominable pour celui qui la traverse) |
L'impact de cette exécution sur le plan mondial nous montre que cette exécution n'a pas été abominable SEULEMENT pour celui qui l'a traversée...
En effet, par exemple, Stanley Williams correspondait par téléphone et radio avec de nombreux enfants et adolescents auxquels il tentait de faire partager son repentir sincère afin que ceux-ci ne s'engagent pas dans les voies qu'il avait suivies et regrettait d'avoir suivies.
Comment ces enfants et adolescents vont-ils interpérter cette décision menée à son terme alors que le pardon (sous la forme de la réclusion à perpétuité, par exemple) aurait été une mesure plus logique... ??
Michel FOURNIER |
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B-Lolo

Inscrit le: 24 Avr 2005 Messages: 2707 Localisation: Ben Reims !
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Theb@dmaX

Inscrit le: 03 Déc 2005 Messages: 1
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Posté le: Mer Déc, 2005 2:54 pm Sujet du message: - INFO - |
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On peut être pour ou contre l'éxecution de Stanley Williams, mais sa mise à mort n'as pas été vraiment très rapide, entre l'injection fatale et sa mort, il y a eu plus de 24 minutes, est-ce normal !!!
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Mer Déc, 2005 3:05 pm Sujet du message: |
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| Citation: | | est-ce normal !!! |
Qu'y-a-t-il qui, dans une telle affire, puisse être considéré comme "normal" ?
Qu'est le "normal" ?
En ce qui concerne la France, et bien d'autres pays qui se disent "civilisés", la peine de mort a été abolie.... y compris pour des "criminels" qui, eux, n'ont parfois aucun remords...
Michel FOURNIER |
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B-Lolo

Inscrit le: 24 Avr 2005 Messages: 2707 Localisation: Ben Reims !
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Posté le: Mer Déc, 2005 5:33 pm Sujet du message: |
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| Citation: | | Qu'y-a-t-il qui, dans une telle affire, puisse être considéré comme "normal" ? |
Lire : Qu'y-a-t-il qui, dans une telle affaire, puisse être considéré comme "normal" ?
Hé ben Monsieur Fournier, on est trop excité pour répondre qu'on en oublie des lettres  _________________
Ce que les Anges ont de commun avec les Elfes, romans et textes en ligne.
Dernière édition par B-Lolo le Mer Déc, 2005 7:16 pm, édité 2 fois |
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Mer Déc, 2005 5:51 pm Sujet du message: |
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| Citation: | | Hé ben Monsieur Fournier, on est trop excité pour réponre qu'on en oublie des lettres |
Lire "répondre"....
On pourrait espérer qu'un sujet aussi grave que celui évoqué ici, à savoir la peine de mort, la mort d'un homme, le questionnement provoqué par le repentir de cet homme, soit respecté à sa juste valeur sans devenir prétexte à de nouvelles polémiques inutiles ...
Merci de la décence que vous ne manquerez pas, désormais , de manifester dans ce genre de sujets...
http://www.lefigaro.fr/international/20051214.FIG0062.html?070647
| Citation: | Mais après six années passées au cachot dans un isolement total, Williams a amorcé une remarquable transformation. Il a décidé de consacrer le reste de son existence à convaincre les jeunes des quartiers défavorisés de ne pas choisir une vie de délinquance. Ses supporters assurent qu'il a sauvé de la mort 150 000 jeunes environ, bien que ce chiffre soit impossible à vérifier. Il a ensuite écrit une série de livres pour enfants qui lui ont valu une nomination aux prix Nobel de la paix et de littérature.
«Si Stanley ne mérite pas la clémence», remarquait Peter Fleming, l'avocat du condamné, quelques heures avant son exécution, « quelle est la signification du mot clémence en Californie ? » La commutation d'une sentence de mort fut longtemps considérée comme un acte de miséricorde ou de grâce par les gouverneurs. Mais depuis quelques années, ces derniers ne l'ont accordée qu'en cas d'erreurs judiciaires ou, dans quelques rares cas, de débilité mentale. |
Michel FOURNIER |
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ThY'D

Inscrit le: 10 Mar 2005 Messages: 4335
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Posté le: Mer Déc, 2005 6:25 pm Sujet du message: |
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Je pense que cette personne, éxécutée, représente la somme d'un malaise humain plus profond. Et qui touche absolument le monde dans son ensemble présent. Cela pose le doigt sur le fait que criminel ou non, malgré tout le blabla intellectuel et psychologique moderne "adaptation, changement, choix" est un glissement réthorique pour masquer ce qui est réel, le changement d'un être mauvais, devenu bon, n'est pas reconnu. Le droit d'oubli encore moins. Pire, des êtres humains aux valeurs bonnes sont légalement jugées mauvais, dans un tout autre registre. Evidemment, il s'agit ici d'une situation EXTREME dans un système qui n'est plus un dispositif en soi. C'est aussi ce que je déplore dans bien d'autres cas de figures...
Et là, de dire FICHEZ-NOUS LA PAIX, il n'y a pas loin. _________________ "Parlez doucement quand vous criez et insultez mais dans le respect. Merci." |
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Mer Déc, 2005 6:37 pm Sujet du message: |
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| Citation: | | le changement d'un être mauvais, devenu bon, n'est pas reconnu. |
La remarque est juste et lourde de conséquences : à quoi bon, en effet, faire en sorte de se dégager de la part "obscure" de son être avec des efforts considérables, pour approcher la pureté, si c'est pour s'entendre à chaque instant reprocher ce que l'on a été , que l'on regrette d'avoir été, et que l'on ne sera jamais plus...
La question ainsi posée a un caractère UNIVERSEL et PERSONNEL...
Le "truand" qui ne s'est jamais fait prendre doit-il rester "truand" en veillant juste à ne pas se faire prendre afin de rester "respectable" ?
Le "truand" qui, pour une raison ou une autre, s'engage dans le chemin de la repentance sincère, reste-t-il un "truand" à vie ?
Le "truand" qui a réalisé que le fait d'être "truand" le rend néfaste pour lui et la collectivité et qui met ses actes en conformité avec cette pensée ne mérite-t-il pas de la "considération" ?
| Citation: | | Pire, des êtres humains aux valeurs bonnes sont légalement jugées mauvais, dans un tout autre registre. |
En France, nous "sortons" de l'affaire d'Outreau... et combien d'autres innocents ont été condamnées, vilipendés, humiliés sans que Justice ne leur soit rendu. Dans ce cas, l'oubli existe.... du côté des "juges" qui se sont fourvoyés et qui ne veulent surtout pas qu'on se souvienne de leurs erreurs...
Michel FOURNIER |
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je-positive

Inscrit le: 09 Déc 2005 Messages: 18
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Posté le: Dim Déc, 2005 4:44 pm Sujet du message: |
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Bonjour à tous,
Je ne peux que me réjouir de la panoplie de réponses qu'a suscité un sujet aussi grave que j'ai tenu à initier suite à l'exécution de Tookies Williams, que je qualifierais de particulièrement contestable............mais aussi bien évidemment de criminelle. Au-delà du thème pour lequel ce sujet était originairement consacré, je souhaiterais le prolonger en faveur de son extension à l'application systématique de la peine capitale aux USA, en général, et non exclusivement à ce cas.
Hélas, aux USA, la Déclaration des Droits de l'Homme n'existe pas, pas plus que la présomption d'innoncence n'est respectée. Dans le domaine de l'homme, la France est de loin en avance sur les USA. L'article 3 de la Convention des droits de l'homme stipule :"Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants". Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi français depuis l'abolissement de la peine de mort, dont les efforts en ce sens ont été amorcés par Robert Badinter, soutenu par François Mitterand.
Plus généralement, la mort ne peut être infligée à quinconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par le droit, tel que le déclare l'article 2.1 de la Convention des Droits de l'Homme. En dépit de cette restriction, il faut observer que, dans de nombreux pays européens, la peine de mort est tombée en désuétude ou a été abolie. Comme rappellé précédemment, ce fut le cas en France par l'effet de la loi du 9 octobre 1981. D'ailleurs, le protocole n°6 à la Convention consacre, pour le temps de paix, la suppression de la peine de mort. Il a été ratifié par la France (L.31 déc.1985), le Conseil constitutionnel ayant considéré que ce protocole "ne porte pas atteinte aux conditions essentielles de l'exercice de la souveraineté nationale et (qu'il) ne contient aucune clause contraire à la constitution.
L'affirmation du droit à la vie ne met pas obstacle à l'avortement thérapeutique. C'est ce qu'à décidé la Commission européenne des droits de l'homme, le 13 mai 1980, dans l'affaire X contre Royaume-Uni, non sans employer, en cette occasion, une formulation prudente :"La commission estime qu'elle n'est pas....appelée à décider si l'article 2 ne concerne pas du tout le foetus ou si, au contraire, il lui reconnait un "droit à la vie" assorti de limitations implicites. Elle estime que l'autoristation d'interrompre la grossesse, donnée par les autorités britanniques et incriminée en l'espèce, est compatible avec l'article 2, paragraphe 1, première phrase, parce que, si l'on admet que cette disposition s'applique à la phase initiale de la grossesse, l'avortement se trouve couvert par une limitation implicite du droit à la vie du foetus pour, à ce sate, protéger la vie et la santé de la femme".
Revenons dans le vif du sujet !
Le système judiciaire américain, du moins dans les 38 états qui n'ont pas aboli la peine de mort, est incapable de s'extraite de ce carcan idéaliste, absolutiste, qui ne reconnaît dans certaines conditions -et encore trés contestables- aucun droit à la vie pour tout être humain. Je ne peux qu'être horripilé, non que dis-je, horrifié ! par une telle application si stricte, laquelle ôte la vie, surtout lorsque l'on sait que des condamnés à mort ont été exécutés, alors qu'une enquête post-mortem a démontré leur innocence. Comment ne peut-on éluder d'employer le terme qualificatif "criminel" lorsque l'on doit parler ouvertement du système judiciaire mis en vigueur dans ces 38 états américains, certes terme d'autant moins justifié pour une trés faible minorité de ces états qu'aucune exécution n'a eu lieu depuis 1978 dans ceux-çi, alors qu'il n'y a eu aucun abolissement de la peine de mort. Mais dans d'autres de ces 38 états américains, notamment au Texas, des exécutions ont lieu tous les ans.
Qu'en est-il du mode d'exécution de la peine de mort aux USA, ainsi que de son déroulement. Que les âmes sensibles s'abstiennent de lire les propos qui vont suivre, desquels je vous informe, puisque je voudrais juste dénoncer une réalité, mais quelle réalité !
Au fil des années, de la pendaison à l'injection létale, en passant par la chaîse électrique, les modes d'exécution de la peine de mort ont été embellis, certes, mais sont devenus plus inhumains les uns après les autres. L'injection létale suscite dans l'inconscient collectif une notion un peu floue en ce sens que l'on a naturellement tendance à penser qu'elle permet une mort paisible, sans souffrance. Mais, c'est tout faux, des experts médicaux vous l'affirmeront.
Voici les trois étapes, telle que je l'extrais d'un site consacré à ce sujet :
| Citation: | Deux cathéters sont insérés sur chacun des bras du prisonnier. Seule une perfusion sert à la transmission du poison mortel, la deuxième est placée préventivement, en cas d'échec de la première injection.
La première drogue est censée détendre le détenu et le plonger dans un état d'inconscience, le temps que les deux autres produits fassent effet. Parfois dosée de manière excessive, son effet s'en trouve annulé. Le détenu est peut-être abruti, mais il reste parfaitement conscient. De plus, on sait que lorsqu'un goutte à goutte défile trop vite, le produit brûle les veines. L'injection massive de ce produit doit être insoutenable.
La deuxième drogue est destinée à arrêter tous les muscles, sauf le cœur. Cela cause une paralysie musculaire qui écrase le diaphragme. Le détenu donne l'impression de dormir mais, en réalité, il suffoque. La paralysie l'empêche de le manifester.
La troisième drogue arrête le cœur. Le détenu sent une brûlure dans tout le circuit veineux et décède finalement d'un arrêt cardiaque.
La procédure complète d'exécution peut durer jusqu'à 45 minutes. A compter de la première injection, le condamné meurt généralement en moins de 7 minutes.
Après l'exécution, le cadavre du prisonnier reste dans les murs de la prison, administrativement déposé dans un cimetière où l'on autorise depuis peu l'inscription du nom des prisonniers sur une simple croix blanche, à côté de leur numéro de matricule. |
C'est un traitement cruel dont la souffrance est double en supposant que l'on exclue l'état altéré de conscience confinant à l'abrutissement provoqué par la première étape. D'abord, l'administration d'une deuxième drogue provoque la paralysie de tous les muscles, y compris ceux qui assurent la respiration vitale. Mais étant paralysé, le condamné ne peut extérioriser ou manifester sa souffrance. Déjà à ce stade là, l'agonie de l'exécuté va bien au-delà de tout ce que l'on puisse imaginer. Mais ce n'est pas fini ! L'injection du troisième et dernier produit provoque une brûlure abominale des veines, associée à une douleur intense. Et la durée de son état agonisant est aléatoire. Il peut durer 40 minutes, comme 2 minutes. Et la souffrance est d'autant plus terrible, dégradante pour la personne humaine, que le condamné est toxicomane et tolère donc mieux des produits pharmaceutiques (ou des horreurs pharmaceutiques). Une telle souffrance extrême -et le mot est faible- peut se prolonger pendant des dizaines de minutes.......qui paraissent être une éternité pour le condamné.
Les gouverneurs américains ne sont pas si facilement disposés à grâcier des condamnés à mort, tant qu'ils craignent des conséquences socio-judicaires dont ils ne se sentent pas prêt d'assumer. Mais l'ancien gouverneur de l'Illinois, Georges Ryan, jusqu'à la fin de son mandat, a pris la ferme résolution de commuer la peine de 167 détenus, les sauvant ainsi de la peine capitable après qu'on eût découvert que des innoncents avaient été exécutés, dénonçant ainsi les horreurs -et non les erreurs-, du système judiciaire au-delà de simple défaillances.
J'ai bien peur, la bureaucratie américaine aidant, que la peine de mort n'est pas prête d'être abolie par la promulgation d'une nouvelle loi qui ferait se rapprocher le système américain de La Déclaration des Droits de l'Homme, auquel cas, les USA auraient accompli des progrès phénoménaux sur le plan humain. Les pétitionnaires qui se veulent détracteur de la peine de mort, n'y changeront rien. En effet, aucun mouvement externe ne peut prévaloir sur la résistance d'un système étatique, même dogmatique. Je crains qu'on n'ait plus qu'à l'accepter, non sans se voir octroyer le droit d'émettre une opinion hostile à ce sujet, conformément au principe démocratique prônant la liberté de conscience et d'opinion.
Inutile d'en resituer davantage le contexte, puisque je n'apporterais rien de nouveau, alors que de nombreuses sources, notamment livresques, vous sont largement accessibles. Pour ma part, j'ai lu une cinquantaine d'ouvrages sur la question, dont celui qui m'a le plus marqué est sans conteste :"Injection mortelle" de Jim Nisbet. Je vais clore ce sujet en vous laissant l'appréciation du résumé de cet ouvrage, celui de l'éditeur :
| Citation: | | Exécuter les criminels n'est pas un boulot facile. Ce n'est pas non plus une activité qu'on s'attend à voir accomplir par un médecin. Mais une exécution n'est plus une chose simple et banale, pas même au Texas. N'importe qui peut pendre un homme, et il existe encore pas mal de gens capables de tirer sur le levier qui libérera le cyanure dans une pièce étanche. Moins nombreux sont ceux qui savent convenablement électrocuter un humain : c'est un genre de boulot fréquemment bousillé. Mais il n'existe quasiment personne, en dehors d'un membre du corps médical, de suffisamment qualifié pour mesurer une dose mortelle de poison et préparer proprement l'homme qui va recevoir l'injection. Le docteur Franklin Royce est cet homme-là. Mais il sait que le Noir à qui il va administrer l'injection est innocent. Un récit en forme de cauchemar. Par l'auteur de "Les damnés ne meurent jamais". |
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Dim Déc, 2005 6:37 pm Sujet du message: |
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A "je-positive",
Je ne me sens pas toujours fier d'être français en raison de nombre de décalages qu'il est aisé de constater entre les discours humanistes tenus par la France et leur application...
Par exemple, vous faites allusion à l'avortement dans votre intervention :
| Citation: | | L'affirmation du droit à la vie ne met pas obstacle à l'avortement thérapeutique. C'est ce qu'à décidé la Commission européenne des droits de l'homme, le 13 mai 1980, dans l'affaire X contre Royaume-Uni, non sans employer, en cette occasion, une formulation prudente :"La commission estime qu'elle n'est pas....appelée à décider si l'article 2 ne concerne pas du tout le foetus ou si, au contraire, il lui reconnait un "droit à la vie" assorti de limitations implicites. Elle estime que l'autorisation d'interrompre la grossesse, donnée par les autorités britanniques et incriminée en l'espèce, est compatible avec l'article 2, paragraphe 1, première phrase, parce que, si l'on admet que cette disposition s'applique à la phase initiale de la grossesse, l'avortement se trouve couvert par une limitation implicite du droit à la vie du foetus pour, à ce sate, protéger la vie et la santé de la femme". |
Moi-même, le 30 mars dernier, j'interrogeais directement Mme MONTCHAMP, alors Secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, dans le Temple du Grand Orient de France, rue Cadet, en présence de dizaines de francs-maçons , sur ce grave et douloureux sujet, de la manière synthétique suivante :
| Citation: | La loi du 4 juillet 2001 a été votée en France et son article 11 dit ceci :
" Art. L. 2213-1. - L'interruption volontaire d'une grossesse peut, à toute époque, être pratiquée si deux médecins membres d'une équipe pluridisciplinaire attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, soit que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, soit qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. "
Dans le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, on peut lire à l'article II-63 :
"Dans le cadre de la médecine et de la biologie, doit être respectée l'interdiction des pratiques eugéniques notamment en ce qui concerne celles qui ont pour but la sélection des personnes."
Que penser de cette contradiction puisque la France autorise par des pratiques légales l'élimination d'enfants à naître, atteints d'affections graves reconnues incurables, tandis que le Traité constituionnel interdit les pratiques eugéniques qui ont pour but la sélection des personnes ? |
Voici la réponse que j'ai obtenue alors, devant de nombreux témoins :
| Citation: | "En ce qui concerne la question très difficile que vous posez, qui nous renvoie à un autre sujet, un autre débat qui est sans doute ce soir, je dirais , sous-jacent à vos propos : la question du futur traité constitutionnel (NDLR : non, cette question n'était pas sous-jacente à mes propos ... je vois là un dispositif de fuite pour ne pas répondre à l'essentiel !)
Je me dois de dire que l'article II-63 auquel vous faites allusion, condamne ou, en tout cas, vise à éviter les pratiques eugéniques précisément.
Je sais évidemment une différence de lecture et d'interprétation majeure avec ce qui relève de la prévention d'un certain nombre de formes de handicaps dans la mesure où les parents ayant connaissance effectivement du problème de l'enfant à naître, font le choix de l'interruption de grossesse.
Nous sommes sur des champs qui n'ont rien à voir , mais qui, c'est vrai, interrogent très douloureusement une nouvelle fois notre société.
Vous comprendrez que, si j'ai souhaité dans la loi portant égalité des chances et des droits, que toute une partie du texte soit dévolue à la question de la recherche et de la question de la prévention, c'est précisément dans l'idée d'éviter que des situations dramatiques comme celles qui sont sous-jacentes à vos propos, ne viennent augmenter le nombre des personnes qui sont atteintes de handicaps extrèmement lourds.
Mais n'attendez pas de la part de la Secrétaire d'Etat que je suis, en charge des personnes handicapées, de leur existence, de leur accompagnement, de leurs droits, se prononce plus longuement sur ce thème.
Prévenir autant que l'on peut, nous le faisons sur tous les actes de notre vie collective :
- nous le faisons sur la sécurité routière.
- nous le faisons dans les accidents domestiques.
- nous le faisons sur la prtévention santé, évidemment.
Mais, tout mon combat, toute ma détermination, est là, quand le handicap est venu, quand il est arrivé, pour faire en sorte que nous puissions précisément vivre encore, vivre avec. Je dirais : cet espoir de vie que nous devons à la personne, quelle que soit la lourdeur de son handicap, -cela a été évoqué tout à l'heure-,et ce sont deux débats qui parfois se télescopent de manière très abrupte dans ces considérations.
Mais j'ai bien entendu vos préoccupations. La lecture qu'il faut faire du traité constitutonnel est évidemment une lecture protectrice qui n'a rien à voir avec une démarche de prévention." |
Une réponse bien insuffisante eu égard au problème réellement posé.... mais qui montre tout de même que, dans ce pays, les questions reçoivent des réponses... et que les problèmes sont posés et étudiés...
Aux Etats-Unis, il arrive des "anecdotes" telle celle que je raconte souvent et qui sont d'un tout autre acabit....
Dans le journal "Le Monde" du 18 février 1995, en page 7, on pouvait ainsi lire :
| Citation: | | ETATS-UNIS : Le Sénat du Mississipi a aboli l'esclavage, jeudi 16 février, en approuvant le treizième amendement de la Constitution des Etats-Unis... cent trente années après son adoption. Le Mississipi, un des berceaux du KU-KLUX-Klan, était réputé comme l'un des Etats les plus durs en matière de ségrégation raciale jusque dans les années 60. Le treizième amendement de la Constitution des Etats-Unis a été ratifié en 1865, à la fin de la guerre de Sécession. A l'époque, le Mississipi l'avait rejeté et le texte n'avait pas été réexaminé depuis.... |
A l'évidence, les pays "civilisés" sont en route, parfois avec bien du retard, à "achever leur accès à la civilisation humaniste...
L'évolution est lente, trop lente pour les milliers de ceux et celles qui sont encore victimes de ces retards, de ces lenteurs, de ces ignorances...
Je suis très confiant, en dépit de tout cela, car la seule issue à tout cela est l'avènement d'une sorte de "paradis terrestre"
Cordialement
Michel FOURNIER |
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B-Lolo

Inscrit le: 24 Avr 2005 Messages: 2707 Localisation: Ben Reims !
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Posté le: Dim Déc, 2005 6:54 pm Sujet du message: |
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Encore un post de Michel FOURNIER ennuyeux ! Je n'ai pas lu ! J'ai zappé ! Oh Michel FOURNIER, grand pourfendeur de topics, grand chef des posts dont l'intéret se perd de lui même, où nous perdra tu la prochaine fois ? _________________
Ce que les Anges ont de commun avec les Elfes, romans et textes en ligne. |
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je-positive

Inscrit le: 09 Déc 2005 Messages: 18
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Posté le: Dim Déc, 2005 11:00 pm Sujet du message: |
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A l'attention de Monsieur FOURNIER,
Je trouve que votre intervention est trés pertinente en ce sens que je considère que vous avez raison de souligner l'écart flagrant existant entre "les discours humanistes et leur application". Comment expliquer une telle non-linéarité ?
Avant d'aborder ce problème épineux que vous soulevez, qui illustre bien une certaines contradiction entre l'article L.2213-1 et l'article II-63 inclu dans le Traité concerné, je tiens à préciser au préalable que l'article 28 de la Constitution du 27 octobre 1946 avait affirmé la supériorité des traités sur les lois internes. Donc si il y a contradiction entre le traité et la loi, comme c'est le cas dans l'exemple précité par vous si notre interprétation va dans ce sens, c'est le traité qui doit l'emporter. Cet article dit donc :"Les traités diplomatiques régulièrement ratifiés et publiés ayant une autorité supérieure à celle des lois internes, leurs dispositions ne peuvent être abrogées, modifiées ou suspendues qu'à la suite d'une dénonciation régulière, notifiée par la voie diplomatique..."
Dans le prolongement de ce principe de supériorité, je voudrais rajouter que dans la Constitution du 4 octobre 1958, la supériorité des traités sur les lois internes est formulée sous condition de réciprocité :"Les traités ou accords internationaux régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie" (art.55).
Il est vrai que l'article L.2213-1 pose d'emblée des problèmes d'interprétation. Car la pratique de l'interruption volontaire de grossesse pour cause de malformation physiologique prénatale peut paraître pour certains se rattacher à des pratique eugéniques, telles qu'elles sont prohibées par le traité auquel vous faîtes allusion. Mais force est de reconnaître que l'application de l'article en question s'opère dans le cadre sanitaire, donc vise exclusivement à préserver la santé de la femme enceinte. Alors que les pratiques eugéniques revêtent un caractère immoral en ce qu'elles tendent à définir précisément les caractéristiques que devra posséder tel ou tel nouveau-né. Il s'agit de la sélection des personnes, laquelle n'a aucunement de but sanitaire, contrairement à l'article L.2213-1 qui autorise l'avortement "thérapeutique".
En ce qui me concerne, je n'ai pas à me prononcer sur un problème aussi grave, préférant laisser aux légistes le soin de le faire. A tout le moins, je peux affirmer sans risque de me tromper, que c'est un problème d'une extrême importance qui mérite de la part des légistes autant d'attention que d'autres problèmes, tels qu'ils ont été évoqués dans la lettre que vous a adressée personnellement Monsieur Le Secrétaire d'Etat, soit la sécurité routière, les accidents domestiques et la prévention sanitaire.
| Citation: | | L'évolution est lente, trop lente pour les milliers de ceux et celles qui sont encore victimes de ces retards, de ces lenteurs, de ces ignorances |
Je vous remercie de nous le faire observer. Pour ordonner la réalité qu'il exprime, le droit a recours aux abstractions. Mais, de progrès en progrès, il doit tendre à dépasser ces abstractions afin d'assurer de manière aussi satisfaisante que possible l'harmonie du corps social. La lenteur de l'évolution du système juridique est inhérente aux pressions sociales qui constituent un conditionnement collectif empêchant tout changement brusque qui serait perçu comme un choc collectif.
Cependant, toute société, quelle que soit la force dogmatique rattachée au système auquel elle soumise, suit une évolution certaine. Aussi lente soit-elle, certains estiment que cette évolution tend vers la perfection. Cette perfection transposée dans le réel, doit aboutir selon eux, à l'émergence de ce que vous nommez à juste titre "le paradis terrestre" dont l'aspect pourrait dépasser notre entendement actuel. Comment peut-on concevoir disctintement un monde radicalement transformé avant même qu'il ne subisse une telle mutation.
Mais d'aucuns pensent que l'existence future d'un "paradis terrestre" est plus que problématique compte tenu de ce qu'ils affirment, à savoir que la société ne fait que suivre un cours fluctuant, ponctué de pics et de creux, et que la perfection, proprement dite, n'est qu'un vain mot.
Seule l'histoire parviendra à nous montrer laquelle de ces deux hypothèses est la bonne : la vision idéaliste -à laquelle vous me semblez adhérer- ou la vision athéiste. |
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