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ThY'D

Inscrit le: 10 Mar 2005 Messages: 4335
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Posté le: Dim Déc, 2005 3:15 pm Sujet du message: De la peur endurée à la négation endurcie : paradoxes. |
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De la peur endurée à la négation endurcie : les paradoxes.
La contradiction dans le contrat d'insertion (RMI)
Début de réflexion.
Le jour où la peur de perdre ne sera plus manifestement présente dans la pratique institutionnelle, nous aurons - tous - tout à gagner. Tant sur le plan de l'accompagnement, de l'adhésion à ses devoirs, que celui du projet de vie. De l'économie à venir serait levée par l'abolition d'une pratique répressive qui ne reconnaît pas la vie de son prochain et ne permet pas la mise en place d'une confiance mutuelle. L'un est professionnel, partiellement public et travailleur, l'autre est entièrement là, tout son être est mit en JE présent. Il est dans la nature humaine de projeter lorsqu'un espace de confiance est présent. Suspendre revient à se battre contre le présent, à entretenir ses peurs plutôt que d'user son énergie à la reformulation d'une volonté, mais d'abord de l'acception de soi en passant par l'accueil des accueillants en tant qu'acteur de sa situation mais autant metteur en scène de sa vie future, "pour passer" dans une société devenue meilleure de par son humanité, reconnue dans sa globalité par une pratique productrice et non castratrice. La révolution se trouve en chacun, et il n'est nullement question de révolution d'une société, mais d'en porter le message. Tant le fossé entre inclu est exclu se trouve dans la faille même de ce qui nous manque à tous, ce chaînon manquant qui nous permet d'avancer à sa recherche pour l'évolution humaine. De l'abolition institutionnelle de ce paradoxe évident, dans la pratique procédurière, dure, naîtrait alors une vision Autre de l'autre quelque soit sa situation, en dehors ou bien en dedans, quelque soit sa position sociale. L'abolition de la suspension dans le dispositif du RMI permettrait en conclusion une économie publique non négligeable par la reconnaissance même de ce pourquoi JE est là, sans un besoin forcené de raconter sa vie pour devoir justifier son droit à l'existence. Le gain de temps ne serait pas immédiat mais soulagerait par la manifestation volontaire des bénéficiaires un système social actuellement en crise. L'économie serait d'autant plus visible dans la santé, et les situations d'urgences décroitraient. Tenant compte que le bénéficiaire ne lutterait plus contre une peur présente de perte, avec les crises d'angoisses et une dépression souvent source de naissance pathologique sévère, tenant compte que le bénéficiaire userait de ses ressources pour se constituer dans son modèle et serait en confiance pour permettre de prendre en compte pleinement ce pourquoi Je est LA pour un temps de passage, sans craintes, donc sans souffrance supplémentaire endurée. L'être soi ne serait plus, alors, de la nature paradoxale de nier un dispositif tout en acceptant la perception d'un montant - comme le fait d'être dédommager - par une société où la place pour tous n'existe pas. La suspension revient à pendre ceux qui ne sont pas coupables d'échouer là pour un temps. La suspension abolie du contrat permettrait de libérer les tensions présentes, d'inverser les énergies souvent auto-destructrices en énergies créatrices et actantes. Le public ne passerait pas systématiquement à terme dans un système de soin. Celui-ci n'aboutirait pas forcément dans la rigidité négative et serait apte à porter un regard autre sur une pratique devenue juste et réciproque, pour un objectif commun évident, celui de permettre à la personne d'accéder à son autonomie.
Ne plus contenir dans le modèle du contrat la suspension, c'est fabriquer à terme des individus responsables et autonomes de décider ce qui pourrait animer leur vie. Maintenir la suspension, c'est fabriquer des personnes en mal-être et les obliger au terme de ces souffrances inutiles à passer dans un système de soins autrement plus coûteux et contraignant. La psychiatrie française en crise n'est pas en mesure de répondre à des histoires individuelles qui ne relève pas forcément d'une intervention psychiatrique mais relèvent bien d'une société qui n'accepte pas tout le monde dans la vie active.
Permettre de signer un contrat sans crainte de suspension c'est gagner du temps et de l'argent. La personne n'aurait plus de "raison" d'avoir peur d'un échec à venir, puisqu'elle est en situation de préparer au mieux son avenir. Je me base sur le fait que tout humain a un projet de vie, qu'il relève de la santé, du social plus globalement, de la profession.
L'abolition de la suspension permettrait un changement progressif du public accueilli. Celui-ci serait d'avantage constitué de personnes qui SDF, souhaiteraient à nouveau faire confiance dans la nature même de l'insertion qui serait alors une réponse adaptée, car nullement répressive, à la nature humaine.
J'aimerais élaborer ma réflexion. _________________ "Parlez doucement quand vous criez et insultez mais dans le respect. Merci." |
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Solanar

Inscrit le: 05 Jan 2005 Messages: 124
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Posté le: Jeu Déc, 2005 10:24 am Sujet du message: |
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Notre civilisation toute entière est basée sur la compétitivité. Compétitivité entre nations, entre régions,entre villes, entre entreprises, entre personnes. Toute l’économie est basée sur ce principe.
Tant que nous restons sur ce modèle, je ne vois pas comment, a par quelques exceptions sporadiques cela puisse changer.
Rien n’est créé qui ne soit au départ défini comme "rentable" même si le calcul de rentabilité est quelque peu fantaisiste parfois
Notre société est capable de donner a chacun de ses individus la constituant, l’assurance du gîte et du couvert a vie et sans contrepartie préalable. Que la personne soit valide ou handicapée. Elle en est capable (d’ailleurs, bon gré mal gré elle le fait) mais le principe de la compétitivité reste le seul vrai moteur.
Cette conception de la vie en société est tellement imbriquée dans notre culture qu’on fini par trouver anormal voire révoltant qu’un homme puisse avoir le droit de vivre sans être productif.
Même l’art, même la santé, même l’environnement passent a cette moulinette et le pire est que les défavorisés, malgré leur position culpabilisent de ne pas entrer dans cette logique économique.
Nous sommes dans un monde « naturel » bestial » ou la loi du plus fort reste la seule voie logique. Par plus fort, on a glissé du plus « costaud », du plus « burné » au plus riche mais la notion de base est la même, l’homme subit la loi de l’homme en position de force.
Changer ce monde ? Ce n’est pas à la portée du Rmiste, de la petite association, du petit pays… Ce monde changera quand une catastrophe montrera que ce modèle n’est pas viable, pas stable parce qu’il ne tient que s’il y a exploitation d’un déséquilibre.
En attendant, il faut vivre avec en freinant des 4 fers pour ne pas l’encourager et surtout garder a l’esprit qu’il peut y avoir autre chose. Ne pas se culpabiliser d’être « l’inutile », la « charge », le « boulet ». Un homme a le droit de vivre simplement parce qu’il est né, c’est ce qui devrait nous distinguer des animaux.
On voit gagner ce sentiment de culpabilité, comme s’ils s’excusaient d’être là, les laissés pour compte, les handicapés de la vie, les malades, les vieux même qui deviennent systématiquement des charges puisque considérés comme improductifs.
La conscience humaine n’est pas un facteur économique et le bonheur d’une personne (comme son malheur) n’est pas transposable en valeur marchande. Il peut y avoir un coût financier pour aider ou rendre la vie acceptable a quelqu’un mais jamais il ne devrait y avoir de calcul sur la rentabilité de cet acte.
C’est loin d’être le cas dans notre monde qui s’hyper "libéralise" mot stupide qui signifie en fait monde "marchand". Mais le pire est encore de voir que même les laissés pour compte trouvent ça « normal ». Un jour il leur paraîtra « normal » de se considérer comme des coupables, des parasites, des gens en trop.
Ils font partie du monde des humains ils sont l’humanité comme n’importe quel "battant" qui pédale comme un fou dans ce monde de brute. Ce "battant" n’a absolument rien de plus que le vieux qui crève seul dans sa maison froide ou le Hérémiste ou le Hessdéheffe du coin de la rue. Ce n’est qu’un homme de chair et de sang qui n existe que parce que la communauté le lui permet et non comme il le croit par son "travail"
C’est injuste de mépriser les "faibles", c'est à dire ceux qui n'entre pas dans le canevas de conditionnement mais ils sont eux même injustes de se sous estimer en acceptant le moyen de mesure de la société absurde qui les entoure. Par là même ils encouragent le traitement qu’on leur fait subir
C’est beau la vie si on regarde dans le bon sens, l’objectif est loin d’être celui qu’on nous a mis devant le nez. Ce n’est qu’un appât qui avance avec nous.
Comme la carotte qu’on met devant le museau de l’âne qui tire la charrette.
 _________________ Solanar
"La liberté, c'est choisir ses rêves" |
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Ven Déc, 2005 1:09 am Sujet du message: |
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ThY'D,
Le RMI, Revenu Minimal d'Insertion a été conçu et approuvé par des "politiques" dans un objectif très précis... qui est très bien défini ici :
http://www.pratique.fr/vieprat/emploi/chom/daf3411.htm
On peut y lire :
| Citation: | | Participation à des « activités d'insertion » en vue d'une réinsertion sociale ; celles-ci seront adaptées à la situation du bénéficiaire. Exemple : stages de formation ou de réadaptation au travail, activités contre l'illettrisme, contre l'alcoolisme, apprentissage de la gestion d'un budget familial... ; |
... ou encore :
| Citation: | Bon à savoir
Afin d'encourager les bénéficiaires du RMI à reprendre une activité rémunérée il est possible de cumuler le RMI avec les revenus d'une activité, qu'elle soit, ou non, salariée, intégralement pendant les 3 premiers mois puis partiellement du 4è au 12ème mois.
A l'issue de ces 12 mois, si moins de 750 heures ont été travaillées, le préfet peut décider de prolonger le cumul jusqu'à atteindre 750 heures. |
Il est donc très clair que le dispostif du RMI correspond à des objectifs précis.
Il devient donc évident que la "société", lorsqu'elle constate que les objectifs poursuivis à travers le maintien du RMI ne sont pas atteints, soit tentée de supprimer ce dispositif puisqu'il est inopérant à ses yeux...
De deux choses l'une, en précisant bien qu'il s'agit là de la position de la société :
- ou bien le bénéficiaire, devant le risque de voir disparaître le RMI et les avantages qu'il procure, se mobilise pour entrer dans le "jeu" préétabli par la société...
- ou bien le bénéficaire ne donne aucun signe apparent de se REINSERER, le dispositif est supprimé et remplacé par un autre...
Tous ce que vous dites est souvent pertinent mais il ne faut se faire aucune illusion ni aucun faux-espoir...: vos arguments ne seront pas entendus et la "société" va trancher en fonction de la situation qu'elle va constater...
Cordialemùent
Michel FOURNIER |
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MichelFOURNIER Invité
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Posté le: Ven Déc, 2005 1:23 am Sujet du message: |
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| Citation: | | Changer ce monde ? Ce monde changera quand une catastrophe montrera que ce modèle n’est pas viable, pas stable parce qu’il ne tient que s’il y a exploitation d’un déséquilibre. |
La catastrophe n'a pas besoin d'arriver pour que les changements s'opèrent...
Un exemple :
Nous avons vu des bombes atomiques détruire des villes et leurs habitants.... mais aussi provoquer des effets à long terme que les frontières n'ont pu stopper.... si bien que les humains ont ainsi appris que la bombe lâchée sur l'ennemi l'est aussi sur l'expéditeur...
Nous avons vu un réacteur nucléaire exploser, il y a 20 ans... et 20 ans après, on tire toujours des leçons de cette catastrophe que, là encore, les frontières n'ont pu arrêter...
Nous constatons que l'on peut produire de l'énergie à partir du nucléaire mais que personne n'a encore trouver le moyen de règler le problème des déchets... que les frontières n'arrêtent pas non plus...
L'ensemble de ces "leçons" qui ne sont pas ENCORE la grande catastrophe FINALE qui pourrait arriver, conduisent les peuples et leurs gouvernants, actuellement, à remettre en question bien des principes que l'on pensait acquis... car la peur d'une GRANDE catastrophe est tout aussi efficace, si ce n'est plus, que la catastrophe elle-même ...
Si elle survenait, elle supprimerait, par sa survenue, tout espoir dans le futur de survie de l'espèce humaine.... et l'espèce humaine, dans son ensemble, comme tout individu qui la compose, veut VIVRE....
Michel FOURNIER |
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ThY'D

Inscrit le: 10 Mar 2005 Messages: 4335
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Posté le: Ven Déc, 2005 2:06 am Sujet du message: |
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Je suis triste. Désolé de le partager.
Je ne devrais pas, ma mère me loge, supporte ma vie misérable.
Et plus encore...
Je suis pris à la fois dans mes draps, et les vagues du monde.
Voilà, on me décrira sale, mauvais usager, et j'en passe...
Je n'ai pas envie de me résigner.
Pourtant, il m'est pénible de me réinvestir dans la vie,
d'honorer un contrat d'insertion dit-on, il me semble pourtant avoir toujours fait parti intégrante de la société. Certes, sans pour autant y participer.
Mais je rassure, je n'ai rien commis de sale.
Mon comportement est devenu pathologique lorsqu'il m'était devenu impossible de reprendre courant dans l'existence.
Peu importe,
Je me demande bien qui est cette personne qui m'a écrit que ma place est dans un asile, j'espère que ce n'est pas qui je pense  _________________ "Parlez doucement quand vous criez et insultez mais dans le respect. Merci." |
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