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Auteur Message
ThY'D



Inscrit le: 10 Mar 2005
Messages: 4335

MessagePosté le: Mer Aoû, 2005 3:50 pm    Sujet du message: Amputé... Répondre en citant

Des bouts de chair, des messages, des jouets cassés.

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03-02-2005 13:12

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Je m'aperçois sur le fil du rasoir. Je suis amputé.

Mes jambes sont physiquement présentes et me déservent ; strictement à rien. Dans mon esprit, se sont deux tiges incinérées. Et mes doigts jouent dans la poudreuse. Je n'écris pas ça pour apporter une peine maculée d'un masque sous le foutre d'un style. C'est à peu près tout ce qui me reste encore. Ce sont mes membres, des tentacules qui s'allongent pour trouver de la pate, et modeler des petits corps. Ces êtres qui dansent, tournent et tournent. Toujours là, je les vois, ils s'articulent. Tournent et se retournent ; ils me narguent, ils baisent la vie plus que mon propre corps. Las, ils se détournent et puis s'en vont.

Juste dans ma tête, ce coma vit tout en s'articulant dans la journée. Je n'ai même pas le droit d'écrire ce qui m'anime intérieurement, oui. Faut-il alors qu'il m'arrive une tuile pour vivre ? Une ardoise sur laquelle je graverai mes dix commandements ? Il y a beaucoup en cet instant, beaucoup de sensations qui passent, mais autant ces émotions ne me font pas avancer. Je n'arrive pas et imaginer une existence m'effraie. Je ne suis plus ce qu'on pourrait attendre de moi. Entretenir la moindre relation stable et régulière dépasse le réel. Revoir une personne trop régulièrement pour moi c'est un saut sans parachute. L'autre alors n'est plus un objet pour moi, il est. Mais je ne supporte plus d'être un objet, un jouet qu'on déplacerait sur le tout échiquier, une être modelé pour danser, tourner, se retourner et baiser avec la vie.

J'ai faim, ça fait trop mal au ventre. Voilà, je suis dépouillé, tel que vous me lisez, ne voyez aucun visage. Et vous pouvez me lancer des baffes. Tapez-moi bon sang ! Que je sente vos coups sur ce corps foutu. Mais butez-moi, butez-moi ! Si vous ne pouvez pas ressentir de haine écrasez-là sur ma gueule. Parce que j'en dis trop, parce que ma souffrance est de trop. Chaque jour est unique au monde, trop lourd. Oui, la peur du rituel, loin de tout ça. Pourtant si vivant, non l'impression de mériter ce qu'on pourrait m'imposer. Il y a des choses trop évidente, des choses qu'il ne faut surtout pas entendre parce que c'est du vent. Soit disant "Qu'il devienne autonome, qu'il bosse comme tout le monde". Mais ce vent que j'essaie d'exprimer et qu'ils n'entendent pas, il souffle en moi. Il souffle.

Et des mots comme les tiens ravivent quelque chose. Ce "quelque chose".

Ma tendresse.
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ThY'D



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MessagePosté le: Mer Aoû, 2005 4:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

06-01-2005 16:46

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Mon texte n'est pas moi. Cette poussière imite une étincelle. La souffrance ne s'écrit pas, mais elle sait crier. Je ne saurais pas exprimer au plus juste ma violence, mon vocabulaire est un paquet d'enfants perdus. Je me fou de ma gueule, ma glace montre un corps étrange et une tête creuse. Il fut une longue période où le miroir m'évitait. La souillure était mon corps, autant physique que pensé. Ma gueule sentait la mort, cette odeur qui ne me supporte plus vivre. Me laver les dents n'y change rien, le malheur souffle au plus profond des gorges. Je suis un criminel, et je vous le dis, je vais commettre mon premier meurtre. Mon seul crime, tuer la vie mienne.

Je crois que ce n'est pas moi, l'être en profondeur, celui qui est bon en moi ne veut pas écrire tout ça. Ma tête est lourde, c'est encore une sale période qui s'annonce. Je me suis remis à vivre la journée, serait ce la cause ? En cette heure je suis sensé dormir et cette lutte, cette sérotonine qui ne vient pas, et ma plongée dans les enfers de ma bêtise. Je suis une bite, lisez ma débilité, lisez ma discrédité. Je suis à chier ! Je suis une merde, un semblant de haine, si seulement je manierais une jolie plume aussi affûtée que certains le mentent, mais non, je ne sais même pas sortir le mot qu'il faut, dans le moment présent ! Je crois parfois me donner une chance, mais je ne sais pas travailler. Je suis un pavé égaré, qui ne sert à rien, perdu sur le bitume. La bâtisse se passe très bien de moi, et cela m'irait assez bien si l'acte d'en finir sonnerait ma seule liberté.

Lis bien ceci, l'amour que je peux désirer donner ne sera jamais partagé.
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MessagePosté le: Mer Aoû, 2005 4:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, Karen, moi idem ça ne me donne pas envie. Mais bon, ce sont juste des mots, c'est tout. Nos présences ne disaient rien de tout cela.
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ThY'D



Inscrit le: 10 Mar 2005
Messages: 4335

MessagePosté le: Sam Aoû, 2005 10:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ce soir, l'idée de couper le fil me martelait. Je n'ai plus peur de la chute, de tout laisser tomber jusqu'à noircir la moitié de rien. La pensée illusoire d'être l'aimé m'emporte...
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ThY'D



Inscrit le: 10 Mar 2005
Messages: 4335

MessagePosté le: Mar Aoû, 2005 2:41 am    Sujet du message: Répondre en citant



«la douceur ne peut être connue sans la violence de vivre.»

Le vide.
Le paysage défile. Le fil des souvenirs s'allonge. Il s'étire jusqu'à dérouler la pelote névrotique du temps. Mes yeux sont inutiles, le vide n'en a pas besoin. Retrouver le bonheur connu lorsque nous n'étions que ressentis avant de naître.

Être extase, c'est simplement être un fil de soi.

Puis sentir le fond, l'unité primordiale sans qui personne ne foulerait cette planète mère. A défaut de n'avoir pu trouver le vagin, je suis dans l'utérus. Celui que j'ai formé pour ensuite m'envelopper dans le placenta céphalique, puisque c'est tout ce qui me reste. Bien au delà des racines de notre être, celui qui parait, celui que l'unité sociale, bien rodée dans l'histoire par les saintes écritures, a modelé de croyances et de peurs.

Les racines puisent dans la source primordiale, la source de l'un.

Les vêtements qui jusqu'alors m'accoutraient me sont inutiles. Le lavage enlevera toutes les impuretés, la nudité du moi doit transparaitre.

---

J'étais un enfant comme tout ces enfants.
De grands yeux pour assimiler la méconnaissance du monde. Les gens, ces expressions sur leur visage, ces comportements aussi nombreux qu'ils sont humains défiaient mon imagination. De petites tâches goutellaient le blanc grisé du réel. La couleur, l'odeur, le toucher, le sonore... Tout le ressentir huilait ce tableau clapé de la pluie des instants.

Au dehors des objets aussi bruyants et mouvementés qu'ils étaient, aussi fascinants et inquiétants qu'ils paraissaient. Ces monstres véhiculaient dans l'autre monde, celui dont je n'osais pas imaginer sans vasciller dans la crainte. Les bruits métalliques vombrissaient l'espace pour mourir dans le temps.

Les parents, ces Dieux bruyants d'immensité, voguaient dans un torent évident. A la fois bout de nous, mais tellement au centre du monde. L'unité de vie semblait parfaite, la raison nous échappe mais tout est en nous.

Le tableau était sans cesse retouché de nouvelles couches. Du vivant à la nature morte, je peignais le monde d'un style impressionniste.

---

Mes quatres premières années de vie furent lancés de nourrice en nourrice. L'une me laissait dans un coin, l'autre m'enfermait pour disparaitre. Je ne savais où poser mon esprit. Les repères m'étaient incohérents, mais la réalité façonnait déjà l'illusion du réél, celui que je voulais bien voir. Une histoire d'ombres. Des voix plongeantes, les masques qui sortaient du noir la nuit lorsque j'étais dans mon lit, les cauchemars éveillés envahissaient la toile du peintre.

Ses yeux étaient rongés du vide.

---

Elle était mariée avec un homme rugueux et massif. Ils avaient trois enfants. Elle, c'était la cinglée, la domination psychologique. Lui, c'était la brute, la domination physique. Les gosses apprenaient bien. Trois fillettes, environ six à neufs ans. C'étaient les sujettes. Et moi, à quatre année de vie je gouttais empiriquement ce qu'une certaine Alice Miller nommait la pédagogie noire, dans son livre "c'est pour ton bien", en 1984.

Elle ne supportait plus. La femme n'en pouvait plus de sentir ma naïveté et mon arogance qui prenait un peu d'elle. Il fallait m'éduquer, me dresser.

D'abord ne plus regarder les grandes personnes dans les yeux :

"C'est mal ! Baisse les yeux, ne me regarde pas comme ça ! On t'apprend quoi à l'école ? Et tes parents ils te disent quoi ? Tu vas voir... Aujourd'hui tu es mauvais. Tu es un mauvais garçon !"

Je devais juste baisser les yeux, on ne doit pas regarder les grandes personnes dans les yeux. La sanction marquait le début. Le coin ouvrait un peu plus ma conscience. Ce coin qui m'enfermait lorsque j'étais puni de vouloir ressentir le monde. Les histoires continuaient malgrès tout en moi. Je me racontais des personnages. Ces petits personnages m'accompagnaient, ils me réconfortaient. Mais la perversitude parlait encore :

"Ne bouge pas ! Tu verras ce soir, je vais dire que tu n'étais pas sage quand il entrera !"

Ce pourrait être mon père, mais non. Son mari, la brute, arrivait du travail avant que mes parents ne viennent me récupérer. Le rituel articulait l'absolu du malin. Suite aux mots de la cinglée, la brute dérouillait ses gamines. Puis il mastiquait des mots durs envers moi. Il me prenait, déroulait sa ceinture et la passait autour de mon cou. Il serrait... encore... puis relachait... et recommençait. Ca pouvait durer.

L'instrument de torture était parfaitement rodé dans ce théatre où les fous dansaient. Mes parents ne s'appercevaient de rien, tout allait. L'expression de mes bourreaux stigmatisait mon attitude, mon mal être. Bien sûr la plainte de mes mots résonnait à l'oreille de mes parents malgré les menaces incohérentes. Mais ils n'entendaient pas. Ils étaient seulement balancés dans la fosse de leurs problèmes.

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La source primordiale : "L'unique imposé"

Du temps des icones à nos jours, l'être humain façonne l'environnement à son image. Ce qui n'est pas lui doit l'imiter. La condition est primordiale à son bien être.

Ce qui me ressemble me rassure.

Mais pour créer un ensemble, il faut des semblables. L'unique doit être plusieurs identiques. La norme sera l'outil du conformisme. L'unité ainsi créée pourra guider le troupeau. Mais l'unité doit porter un visage, celui du berger.

La peur.
Une émotion indispensable à l'individu pour créer le sujet de l'unique, l'être conditionné. Ce sera un allié pertinent pour exercer la pression de l'ensemble. Quiconque s'éloigne du troupeau est rappelé à l'ordre. La résistance provoque la mastication avant d'être avalé. Celui qui s'enfuit est recraché. La différence est découpée en dés pour être définie, afin de procéder à son assimilation, ou bien son expulsion finale si la résistance persiste.

---

Les trois gamines riaient fort.
Elles étaient seules, et j'étais laissé à leur sort. La brute travaillait et la cinglée était sortie. Peut-être assouvissait-elle ses fantasmes les plus fous, peut être que son amant la dominait pour lui verser le lait du mâle. Elle ne devait pas atteindre l'orgasme avec la brute, il fallait bien le chercher ailleurs.

Les gamines couraient partout. J'étais dans une chambre, elles venaient me chercher. Les toilettes n'était qu'une salle de torture, une de plus. A dire vrai c'était pour moi presque une récréation. Je devais bien pousser quelques rires dans cette joie apparente. Boire l'eau tourbillonante des chiottes c'est marrant quand on à quatre ans. Et puis s'y retrouver enfermer dans le noir ça peut être aussi ludique. Mais non, c'était juste une honte derrière mes rires, miroirs des leurs. La honte et l'humiliation.

Humiliation. L'arme favorite de cette famille menée par la brute et la cinglée en désir de puissance. J'étais assujeti à la folie de la famille de dingues.

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ThY'D



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MessagePosté le: Mar Aoû, 2005 1:29 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ven Fév 25, 2005.

"Bonjour, je ne vais pas recommencer, n'ayez crainte. Je crois que l'essentiel se trouve dans le titre. Des gens formidables et c'est peu dire, et puis le temps me fait croire grandir, mais la finalité raisonne de la putain du diable. C'est ça, et je suis devenu cette putain. Salope ! tu devrais tout prendre de la hauteur de mes quatre ans. Mais tu préfères te faire foutre par ton amant, tout ça parce que ta brute est trop occupée à me ceinturer la gorge. Si tu croises ma route, n'oublie pas tes peaux mortes. L'enfant pourrait très bien venir te crever les yeux de son avenir. C'est pour ça que tes mots résonnent encore :

"Baisses les yeux ! On ne doit pas regarder les grandes personnes dans les yeux !"

L'enfant crevé que tu étais ne supportait pas mon arrogance, mon envie de bouffer le monde et le tien avec. Je t'insulte mais tu ne le mérites pas. Ta pédagogie noire échouera, sache-le tant qu'il te restera encore quelques cellules mâles dans ta bouche. Tu devais aimer ça, que ta brutasse dresse ton corps. Ce corps que tu martyrisais sous le sien, ce corps que tu branlais sous un autre. Non, je ne poursuis plus ma bouffée délirante. Etre bouffé par ton souvenir m'épuise, sale chienne ! Je te pisse dessus de la cime des monts brûlés ! Je te pisse celui que je suis, je me noie avec tout mes bourreaux, je bois jusqu'aux poumons l'esclave monstrueux.

Des gens formidables, oui. Des gens existent, et même une fleur existe, cette jolie tulipe noire. La vie c'est quelque chose dans l'univers. L'envie, oui, la mort n'est plus. Elle ne m'intéresse plus. La vie des morts est entière, pas comme celle des vivants. Que des demis mots, des demis mensonges. J'en ai ras le bol putain j'écris pas j'en ai marre et puis quoi, là le dire ça ne sert à rien, juste à passer pour une crevure, un juge atteint !

Tout ce qui me passe encore, dans le formol qui m'imbibe de ces idées, c'est un souvenir. J'aime, tout court. Si court d'ailleurs, ça ne sera jamais qu'un court métrage, un clip même, non une image, une esquisse, bah... un brouillon.

C'est tout ce qui ressort, de ces mois, de ces bouts de moi ceinturé par le mort qui naît pas plus que le vivant. Je suis juste ce fantôme, c'est tout.

----

M'en pêcher au fil de l'autre, à la lecture de tes mots si tout. Je ne suis plus là, simplement las. Nul vers par chez moi, des notes parsemées s'échappent. Ressentir ce doux mot sans chercher la cime rouge.

Je ne suis plus, juste un passage.
Celui qui littéralement se saigne, autant je suis comblé de trous. Prendre une paille et aspirer tout, trouble obsessionnel habite le temps. Source est mon malaise existentiel, isolé en toute transparence.

Seul, cet abominable personnage trop humain et monstrueux. Je me dévore la tête pour atteindre le mal à la racine. Une force bien présente en moi existe en corps. Je crois creuser aux sources du bien.

D'autres mots se sont échappés.

Je voulais la trouver.

La vague.

Mon cadavre s'en laissait emporter dans une vague un peu trop tendre, trop vraie. Mais elle est passée très vite, trop douce et fendue par les larmes aiguisées du monde. Le trait éphémère au jour d'une rencontre, Un jour lointain dans ma douleur présente. Avortée, et cette couleur coagulée. Tout me tord, tout me donne tort. La cruauté me dévore. La Terre porte la raison et je finirai bien par me taire. Ce goût amer, aimer, lorsqu'on est censé ne plus l'être. Les yeux dans l'amour. Ca s'entrechoque dans ma guerre des mondes. C'est très violent. Cet interdit : "On ne doit pas regarder les grandes personnes dans les yeux".

De la bouche nommée "la putain du Diable", ça résonne. Me pardonner, retrouver un morceau du puzzle.

Parler du rythme dans le vide sans contre souffle. Du coeur vaincu, ne plus rien dire. Sa main dans la mienne, un corps inavoué. Tant tout est si loin de mon esprit. Doit-on se reconnaître ? Tant le formol prend le rythme du coeur. Ne lui dites rien qui puisse me montrer désespéré. Elle n'est pas du tout l'expression de mon désespoir. Ca part d'un véritable, je veux encore me croire. Au possible encore aimant. Passer la main sur une boucle d'or, tracer son regard imprenable. C'est de l'air pour ceux qui respirent.

Le Ciel ensanglanté délivre une robe,
Sur les ruines de ma vie croît une tulipe noire,
Autant de saison que de couleur pour les représenter,
Une mélancolie qui monte pour naître dans une perle,
Un jour qui pleure, mais rit de bon coeur à la vie,
Je suis un fantôme couleur Ciel.

Le dernier wagon, prendre le train, une dernière chance pour partir en cendres."
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