ThY'D

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Posté le: Mar Jan, 2008 3:03 am Sujet du message: Narration. |
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Je rêvai que... j'étais né à Reims, l'an 1976.
Reims était alors une ville bien peuplée, d'une taille moyenne à la réputation faite en dehors d'un air de maladie (cela n'est-il du qu'au temps ?) par son histoire et sa belle cathédrale, témoin du sacre du rois Clovis.
Mes parents étaient peu riches, mais très honnêtes : ils n'avaient pour tout bien qu'une petite maisonnette en campagne à une vingtaine de kilomètres de Reims. Le déracinement s'est produit lors de mes sept ans. Il fallait bien qu'un rêve de gosse n'appartenant qu'au père m'enleva cette vie.
Mon père était employé dans les assurances, au service courrier. C'était un homme plutôt petit, maigre, chevelure noire, yeux sombres,... il n'eut guère encore 25 ans quand j'étais né, mais il a toujours fait homme mûr. Il était mal né, d'un caractère excécrable quand il ne dormait pas, souvent en colère et ne voulant en rien s'investir dans la labeur quotidienne de la famille autrement qu'en ne pensant qu'à son improbable bonne retraîte. Pour le reste, ...
Ma mère était bien différente : femme forte, énergique, bouillante, s'effrayant de peu de chose, et cependant tenant la maison et le terrain plus qu'un homme ne l'aurait fait. Elle était si en mouvement que le père en était bien paumé, lui qui au bout du compte s'était désinvesti de la réalité familiale et l'enfermait dans son pauvre monde. J'étais l'ainé d'un frère. Mon frère était plus opposé que moi à l'autorité parentale et surtout paternelle, plus vif et mieux pensant que moi bien que plus petit et fragile sur le plan de la santé. J'aimais peu l'école, les lieux étaient mauvais, riches de solitudes et chargés de méchancetés, là où j'apprenais à comprendre la notion de l'individu dépendant du groupe auquel il s'identifie, je ne pu me résoudre qu'à l'échec de ma sociabilisation scolaire, et donc, à l'échec scolaire. Les études me plaisaient mais l'environnement me dérouillait. Je m'évadais alors, d'abord à travers le dessin. Au diable l'école, je n'apprenais que dehors.
Je me souviens que j'eus bien des maux à faire une division. Je n'y arrivais pas et bien malgré l'humeur fâcheuse de mon père qui ne gagnait que mes larmes par ses grondements de voix, sa lassitude furieuse. Il était incapable de faire preuve de patience, de transmettre la confiance et de trouver en l'autre l'âme qui ne demandait qu'à comprendre. Il a fallu que je tombe à mes neuf ans je crois sur une maîtresse remplaçante (le maître, celui qui me tapait, était parti accomplir son service militaire) très patiente qui avait demandé à mes parents de me garder le soir à l'étude, après les cours, pour m'apprendre à apprendre. Jamais je n'ai senti alors autant d'amour et d'attention depuis. Quelques soirs ont suffit. Mon père a toujours cru que si j'ai su faire alors une division, c'était de sa grâce. Tout comme pensait-il, tout ce que j'étais capable de faire et que j'accomplissais n'était du qu'à lui, comme si je ne pouvais être que rien sans. Paix à son âme, il en va de la mienne.
Mais tout ceci n'est rien d'autre qu'une rancoeur qui parfois me soulève et s'exprime, non pas contre mes proches mais sûrement bien plus contre moi. Langue dénaturée et verbe bâclé, trait gâché et sombres crevasses ; et quand bien même je m'animerais, le temps s'acharne, la mort m'attache, je grandis plein de carbone aux extrêmes, le coeur en cendres par trop de flammes. Quel mal me possède pour ne voir que la haine en retour d'un amour désiré ?
Mais peu importe, tout emporte les mots. Il ne reste que moi. Et par trop d'effroi à finir autant seul que j'eus commencé à vivre, je me plais à m'innonder de rêves et d'une douce nymphe, oh comme celle que j'ai rencontré, aimé, à peine l'ai-je touché qu'elle s'est liquéfiée. Certaines de mes larmes sont sans-doute un peu d'elle. Et d'aussi loin que je me souvienne, tout de ma raison d'être était là, jeune. Du trait à l'unisson, des mots à foison et du coeur à la passion, la vie haute en couleurs et pleines de saisons. Tout est là, comme l'être déjà là, une offrande à la vie.
Ah ! saperlipotte de saperlipopette ! sapristi ! moi je serai celui-là ; il ne fait pas si bon de s'user les culottes sur les bancs, saperlipopettouille !
"Pour être décrotteur, gagner la place de décrotteur, il faut passer un examen ; car les places qui vous sont accordées sont d'être ou décrotteur, ou porcher, ou bouvier. Dieu merci, je n'en veux pas, moi, saperlipouille ! Avec ça des soufflets vous sont accordés pour récompense ; on vous appelle animal, ce qui n'est pas vrai, bout d'homme, etc...
Ah ! saperpouillotte !... "
La suite prochainement.
Beau Reims. _________________ "Parlez doucement quand vous criez et insultez mais dans le respect. Merci." |
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