B-Lolo

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Posté le: Dim Nov, 2007 8:52 pm Sujet du message: Polochon |
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Cela fait des jours que le combat est engagé. J'ai vu mourir tous les guerriers de ma tribu, et je suis aussi perdu que les autres, ceux qui viennent des villages de mon royaume et que l’on a obligé à partir en guerre.
Cela fait des jours qu’il pleut. Je patauge dans la boue et l’humidité traverse mes vêtements et la côte de maille que l’on m’a donné comme tous les autres. Il semble que les orques, nos ennemis, ne soient pas gênés eux !
Cela fait des jours que j’ai suivi mon chef, et je combats pour son honneur et celui de notre pays depuis au moins deux semaines. Ce n’est pas la première fois. Quand j’avais 10 ans de moins, j’étais archet et nous avions gagnés. Maintenant, il me semble que cette guerre ne se terminera jamais.
Je suis dans une tranchée que les miliciens comme moi ont creusée pendant le premier assaut et dont la boue s’est emparée. Il fait froid, humide, et le soleil ne se lève pas dans la brume compacte qui plane sur cette contrée, cette terre, que nous devons conquérir. Il n’y a aucun moyen de trouver un peu de chaleur, et nous survivons dans nos vêtements humides en attendant on ne sait quoi.
C’est le matin, et j’ai froid. Nos chefs ne hurlent plus depuis le début de la nuit, et cela est toujours de mauvais augure. Tout ce que je vois lorsque je me hisse dans cette tranchée et que j’observe au loin, ce sont des corps enchevêtrés dont on ne distingue plus la bannière dans la brume, le soleil tardant à se lever. Cela fait des jours que la météo nous donne de la pluie, et nous sommes coincés sans moyen de combattre. Où est le reste de l’armée ? Où sont les autres ? Dans ma tranchée, nous ne sommes que quelques misérables âmes pataugeant. Nous n’entendons même plus le cri des blessés ; ils ont succombé pendant la nuit.
Peu de gémissements sous ce brouillard. J’entends un cheval au loin, hennissant tout ce qu’il peut en tentant de retrouver son maître, mais lui et moi sommes pareils : nous ne savons plus qui nous sommes, où nous sommes. J’attends la nuit, je n’ai pas d’autres choix si je ne reçois pas d’ordres… Mais rien !
Mais rien : personne ne semble décidé à ce que les choses bougent. On entend parfois des cris mais nous ne savons de quel côté de la bataille ils sont adressés. Une journée doit s’être écoulée depuis que les combats ont cessé, mais on nous a ordonné de tenir notre position coûte que coûte ! Toutefois, je ne vois pas, attendant la nuit, ce qui pourrait changer, quels sont les ordres que l’on pourrait me donner. L’ennemi semble aussi embarrassé que moi. Personne ne sait quoi faire.
Il se passe encore des heures avant que je me décide à faire quelque chose. De toute façon, rien d’autre n’est susceptible de se passer dans cette immensité désastreuse. Il reste le cheval, et moi.
Je me lève et l’attire vers moi, et il vient docilement à mes côtés. Je vois qu’il est blessé lui aussi, et cela me rappelle mes blessures : des entailles un peu partout. Mais il semble calme.
Je l’ai déjà fait quand j’étais petit : monter à cheval. Quand on l’a fait une fois, ça ne se perd pas !
Aussi, l’animal me laisse devenir son nouveau maître. Il se laisse monter et diriger.
Je ne sais pourquoi, mais je hurle en brandissant en l’air mon polochon. Je hurle tout ce que je peux, et ici et là on me répond. J’appelle tout le monde, et mon armée me rejoint. Dans cette brume qui ne semble se lever, je rassemble des centaines d’hommes, comme si, comme moi, ils n’attendaient que l’ordre d’attaquer.
J’encourage tout le monde à me suivre quand je vers l’ouest je brandis monpolochon ! Et autour de moi, le cri des survivant m’entraîne vers le combat qui sera le dernier. _________________
Ce que les Anges ont de commun avec les Elfes, romans et textes en ligne. |
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